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Avec : Mamadou Coulibaly, Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire | Philippe Montigny, (CIAN) | Yves Ekoué Amaïzo, économiste | Antoine Glazer, directeur de publication de la Lettre du Continent.

De nombreuses conférences ont régulièrement lieu pour culpabiliser l’Afrique par le biais d’une corruption endémique…

Mais la réalité est qu’il n’y a pas de corruption sans corrupteurs… Faut-il rajouter corrupteurs occidentaux? Certainement, car s’il y a une leçon que certains Africains ont bien appris de la colonisation, c’est bien la gouvernance de la corruption.

C’est à ce débat que Radio France International (RFI) s’est attelée. D’ailleurs, l’émission “le débat africain” animé par l’éternelle charmante Madeleine Mukamabano semble battre tous les recors d’écoute… mais pour des raisons inconnues, l’émission semble être programmée pour disparaître par la nouvelle direction de RFI… qui n’a pas hésité à supprimer la diffusion de la matinée (autour de 11h ou 12h en modulation de fréquence (FM) dans la région parisienne. On peut se demander pourquoi une telle émission n’est pas tout simplement rediffusée par les Radios africaines…

Il faut espérer qu’il ne faudra pas user de “corruption” pour conserver une émission aussi populaire en Afrique et auprès de la Diaspora africaine…

Il semble d’ailleurs que plusieurs universités francophones en font leur délice… En effet, c’est l’occasion d’apprendre et d’assister à de vrais débats qui échappent parfois aux injonctions des autorités africaines, encore trop moulées dans l’autocensure. Il ne faudrait pas que RFI se prête à ce jeu en supprimant l’émission phare où la langue de bois est proscrite… L’indépendance de ton et l’intransigeance Madeleine, la journaliste qui ne vous donne pas le temps de mentir, permet de faire jaillir quelques lumières sur les parties grises de l’Afrique.

La corruption ne peut être dissociée de l’état de droit, de la gouvernance démocratique en Afrique.

La corruption ne peut être dissociée de la gestion patrimoniale des économies africaines, ce qui posent le problème des élites qui choisissent de ne plus défendre les intérêts des populations mais de soutenir un système officiel, occulte et parfois mafieux de corruption en Afrique.

La responsabilité de ces élites est grande car elles contribuent à déstructurer les économies fragiles africaines. Elles empêchent l’orientation de fonds vers le développement des capacités productrices, passage obligé vers la création de richesse et sa répartition plus équitable au sein de la population. La corruption crée aussi la dépendance économique, ce qui conduit rapidement à l’humiliation des peuples africains.

C’est donc toute la dignité de l’être noir qui est remis en cause. C’est ce débat difficile que RFI a souhaité faire avec quelques personnalités qui refusent la langue de bois. Le temps a manqué pour dire beaucoup de choses, mais beaucoup de choses ont été dites…

C’est véritablement l’institutionnalisation de la corruption en partenariat avec certains officiels du Nord ainsi que ceux du secteur privé occidental qui pose problème. Cela est d’ailleurs rarement mentionné puisque les organisations de la société civile des pays du Nord occupent tellement les médias que l’on finit par croire que la corruption n’existe pas là-bas… Quelle illusion !

Les raisons de l’inefficacité de la lutte contre la corruption ou les interventions et mesures correctives prises jusqu’à ce jour en Afrique sont du ressort du palliatif… En effet, au fond, c’est la manque de volonté chronique des Gouvernements africains et de leur partenaires du Nord, et de plus en plus de l’Asie… car sur ce terrain, la Chine n’est pas tout à faire “jaune”… on ne dit plus blanc comme neige… cela fait ringard.!

En fait, l’important c’est de conserver les pouvoirs, les postes et s’il faut user de la corruption… alors il ne faut pas s’en priver… mais l’éthique pourrait peut-être venir de la Diaspora… Une certaine Diaspora non encore polluée…? Peut-être. Merci RFI et Madeline Mukamabano.



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