Questions sur l’actualité du 13 octobre 2011

Le Brésil de Mme Dilma Rousseff ne pratique pas « l’immigration choisie ». Ce pays émergent, 5e pays le plus vaste et le plus peuplé dans le monde, sait qu’il est important de retrouver le lien séculier avec l’Afrique et avec les Africains.

500 ans plus tôt, en 1570, le Brésil ne comptait que 20 000 Blancs, 30 000 Noirs et 800 000 Indiens. Mais 100 ans plus tard, la population blanche fut estimée à 70 000 Blancs avec 100 000 Noirs à 80 000 Métis.

Il faut rappeler que les Noirs d’Afrique ont été mis en esclavage autour de 1654 principalement par les Portugais.

Ces esclaves noirs avaient été kidnappés du Nigeria, du Cameroun, du Gabon, de Guinée Bissau, Ghana, du Congo, du Mozambique et surtout du Bénin et de l’Angola (ex-colonie brésilienne).

Face l’invasion napoléonienne, le roi du Portugal, Jean VI, a fui en 1808 son pays pour le Brésil (Rio), un empire coloniale portugaise. C’est en 1822 que l’indépendance du Brésil a été proclamée avec la monarchie de Pierre 1er du Brésil. Il s’est appuyé sur le Peuple pour s’opposer aux riches propriétaires terriens (Latifunda). Mais c’est le développement du commerce qui a attiré les migrants européens, profitant de l’asymétrie de marché pour faire du commerce et recycler leur capital.

Au Brésil, on recensait en 1822, 920 000 Blancs, 2 000 000 Noirs, 700 000 Métis, 360 000 Indiens.

Le Brésil a toujours été peuplé d’une majorité de Noirs, majoritairement pauvres. Il faut rappeler que l’esclave n’avait pas droit à des soins de santé et l’espérance de vie ne dépassait pas 5 ans, ce qui est un signe de la pénibilité de la Violence du travail de l’esclave.

Une importation massive de nouveaux esclaves par les Portugais s’est donc opérée avant et après l’indépendance en 1822. Près de 4 millions d’immigrés blancs européens (Portugais, Italiens, Allemands, Espagnols) se sont installés dans la partie sud du Brésil.

Cette société blanche a imprimé sa culture de domination qui a marginalisé, voire exclue, les Noirs et les Indiens du système décisionnel et de gouvernance. Cette ségrégation s’est intensifiée au cours de cinq principales périodes politiques du Brésil :

  1. L’Empire, entre 1822-1889,
  2. La  Vieille République, entre 1889-1930,
  3. Le populisme entre 1930-1964,
  4. Les régimes militaires avec des coups d’Etat entre 1964-1985 et
  5. La période démocratique depuis 1985 (élections présidentielles tous les 4 ans).

Lors d’un voyages en Afrique, L’ex-Président Lula da Silva, a demandé pardon, [au nom de son Peuple], pour avoir capturé et déporté des Africains comme esclaves entre le 16 et le 19e siècle. Au Brésil, une meilleure  prise de conscience par les Noirs avec une valorisation et un contrôle de l’image positive (télévision, ONG) fait reculer le racisme. La discrimination positive, les opportunités économiques, une législation favorable à la Diaspora et une  Europe qui se « bunkérise » font du Brésil un pôle d’attraction des Africains. Nouveau départ ? YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

Pièces Jointes

Le Brésil attire les Africains : allier histoire, culture et économie
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