Questions sur l’actualité du 14 octobre 2011

En 2009, les miliciens islamistes ont attaqué par deux fois à la bombe, le bureau de l’ONU à Mogadiscio en espérant leur neutralité, voire leur départ du pays.

70 morts le 4 octobre revendiqués par les Shebabs. Les ONG se voient menacées de se dessaisir de leur personnel féminin qui ne se conforment pas aux « normes » de l’Islam et une forme de raquette financière existe et consiste à exiger une somme autour de 20 000 $ US de toutes ONG afin d’assurer leur sécurité.

Avec les miliciens d’Al Shebab, les enlèvements, les meurtres, les menaces et les extorsions de toutes sortes sont devenus des instruments de guerre à part entière. La catastrophe climatique se greffe d’une catastrophe humanitaire, ce depuis plus de 20 ans de guerre civile.

Cela fait exactement un an que L’ex-Président ghanéen Jerry Rawlings, l’envoyé spécial de l’Union africaine, a eu pour mission de « mobiliser la communauté internationale et le continent pour aider la Somalie à renouer avec la paix ».

Les résultats restent encourageants mais auraient pu être pire si les troupes de l’Union africaine, seul rempart à la prise de Mogadiscio par les Shebabs, n’étaient pas là. Mais, si les pays occidentaux avaient fourni plus d’équipements et plus d’appuis logistiques de localisation satellitaires, les troupes de l’UA auraient ramené la paix en alliant traques et négociation en sous-main. La force seule n’est plus d’actualité.

La négociation politique suppose un peu de volonté de part et d’autre. C’est donc avec plus de 7 200 soldats que l’AMISOM, la force de l’Union africaine, tentent de freiner l’avancée des  islamistes Shebabs qui estiment faire une guerre de libération en ayant comme objectif de « renverser » le gouvernement provisoire pour le remplacer par un gouvernement fondée sur un radicalisme islamiste.

En parallèle, il faut traiter de la piraterie aux larges des côtes somaliennes. Il s’agit bien d’un moyen pour financer la guerre civile, une taxe sur la « communauté internationale » selon certains pirates qui ne se considèrent comme de simples « agents de la fiscalité » au service d’une guerre de libération.

Jack Lang, ex-ministre de la culture de François Mitterand, est le Conseiller spécial du Secrétaire général de l’ONU pour les questions juridiques liées à la piraterie au large des côtes somaliennes. Il est en fait question de créer deux juridictions spécialisées (Somaliland, Putland) pour juger ceux qui seront « capturés ». Personne ne se précipite pour payer.  La réalité est que près de 90% des pirates sont relâchés sans avoir été traduits en justice et que les « résolutions » de l’ONU n’ont pas toujours force de loi.

Avec l’enlèvement récent d’une retraitée française au Kenya et  transférée en Somalie, l’élimination de la piraterie ne peut se faire sans un Etat et des opportunités économiques et des créations d’emplois. Le tourisme kenyan risque de replonger dans le rouge. YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

Pièces Jointes

Piraterie et attentats en Somalie : à qui la faute ?
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