Questions sur l’actualité du 1 novembre 2011

Le niveau plus élevé de la croissance économique de la richesse nationale (produit intérieur brut (PIB)) du Gabon entre 1993 et 2008 a été de 5,6 % en 2007. Ali Bongo Ondimba a réussi le pari d’atteindre 5,7 % dès 2010 avec des prévisions à 5,6 % en 2011, légèrement au-dessus de la moyenne de l’Afrique subsaharienne en 2011 avec 5,2 % du PIB.

Cette performance est d’autant plus crédible que l’inflation (prix à la consommation) est faible avec 1,4 % en 2010 et des prévisions à 2,3 % en 2011 (IMF, avril et sept. 2011). Là où il faut constater un véritable changement, c’est qu’entre 2004 et 2009, la croissance PIB par habitant n’a jamais atteint les 4,2 % enregistrés en 2010.

Les estimations de 2011 oscillent autour de 4,1 %, largement au-dessus de la moyenne de l’Afrique subsaharienne avec 3,3 % et au-dessus de la région Afrique centrale (CEMAC) laquelle n’atteint que 2,7 %. Il se passe quelque chose au Gabon de différent. Le pouvoir d’achat de la population serait en progression même si les inégalités restent importantes.

Alors, est-ce que le Gabon conserve une marge de manœuvre économique ? La réponse est clairement OUI ! Les dépenses publiques seraient en diminution passant de 24,7 % du PIB en 2010 à environ 22,4 % en 2011. Les recettes passent de 5,8 % du PIB à 6,5 % du PIB en 2011. Au total, le solde budgétaire sans les dons, négligeable au Gabon, évolue aussi passant de 5,8 % en 2010 à 6,5 % en 2011 et pourrait atteindre 7,7 % en 2012.

Le Gabon dispose donc d’une marge de manœuvre conséquente qui lui donne un poids certain en Afrique subsaharienne où cette marge n’existe pas (-1,8 % du PIB) et une influence limitée en Afrique centrale qui culmine à 5,6 % du PIB en 2011. La balance commerciale avec 37,7 % en 2010 et 47,5 % du PIB en 2011 est excédentaire. Le Gabon se hisse au 2e rang des pays africains exportateurs de pétrole après le Congo.

De plus les termes de l’échange ne font que s’améliorer depuis l’année de référence 2000, les réserves aussi et permettent à ce pays de passer de 4,4 mois d’importations de biens et services en 2010 à 6 mois en 2011. Le Gabon ne reçoit quasiment pas de dons et dispose d’une capacité d’endettement renforcée depuis que la dette publique est tombée de 43,2 % du PIB en 2007 à 20,9 % en 2008 pour remonter légèrement à 21,3 % en 2010.

En contrepartie, les investissements dans ce pays se maintiennent autour de 25 % (25,6 % en 2010). Les efforts pour s’attaquer à la corruption, améliorer le système judiciaire, faire participer la société civile aux décisions et respecter effectivement les droits humains ne peuvent que renforcer l’ensemble des résultats de ce pays de 1 million d’habitants où seulement 15 % des femmes occupent un poste d’élue au parlement, alors que la moyenne de l’Afrique subsaharienne est de 20 %.

Donc plus de femmes aux commandes au Gabon devrait renforcer la marge économique. Mais le pouvoir gabonais serait-il macho par hasard ? YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

Pièces Jointes

Gabon : une marge de manœuvre économique retrouvée
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