Questions sur l’actualité du 15 novembre 2011

La France a régressé en matière de diversité. Entre 1959 et 1968, le président du Sénat s’appelait  Gaston Monnerville et il était un Noir. Aujourd’hui, malgré quelques individualités ici et là, les minorités visibles en France sont de plus en plus invisibles en termes de représentation politique.

Le Parlement français n’est pas un exemple de diversité, c’est du monocolore pour ne pas dire presque tout blanc. Aux prochaines élections présidentielles de 2012 aux Etats-Unis, on pourrait peut-être assister à une opposition entre deux Noirs. Le président sortant, Barack Obama, Démocrate, et Herman Cain, Républicain.

Le premier n’est plus certain de gagner compte tenu des nombreuses déceptions. En effet, de nombreuses voix, y compris les Afro-Américains, estiment que Barack Obama fait la politique des Républicains et, qu’à ce titre, il est peut-être préférable d’avoir un Républicain, l’original plutôt qu’une copie. Si on avait expliqué aux premiers Noirs kidnappés d’Afrique sous l’appellation d’esclaves que 500 ans plus tard, deux d’entre eux pourraient faire campagne pour diriger les Etats-Unis, personne n’y aurait cru.

Et pourtant ! Rappelons tout de même que le 1er Afro-Américain, Hiram Rhodes Revels (1822-1901) un Noir donc,  servit au Sénat américain en tant que représentant du Mississippi entre 1870 et 1871. En 2009, le nombre d’Afro-Américains au Sénat américain était de 6. Donc, la minorité visible rencontre toujours de gros problèmes pour devenir « représentativement » visible.

Revenons en France, ce sont d’abord les partis politiques français qui n’ont pas franchement ouvert et promu les Français de la diversité en politique. Aussi, les partis politiques français font semblant. Bien sûr qu’ici et là, il y a des figures qui percent. Christiane Taubira, Rama Yade, Koffi Yamgnane pour ne citer que ces trois. Mais, combien sont-elles ces ressources et ces expertises issues de la diversité que les directions des partis politiques ont condamné à cirer les chaussures de leurs têtes de pont…

Car oui, il faut une tête de pont et cela se ramène souvent à de nombreuses formes de congestions pour accepter des parachutages dans des zones électorales où l’apprenti politicien de la diversité n’a que peu de chances de gagner. Discipliné, il ou elle accepte. Mais, après une défaite souvent cuisante, (certains disent « étalée », « ramassé e»), la direction de son parti le lui reproche pour justifier qu’il n’est pas nécessaire de l’envoyer se faire éliminer… Un cercle vicieux qui cache bien sûr quelques réussites. La politique de la diversité à la française se présente comme un système de « tolérance » des minorités visibles qui sont les plus intégrées, comprenez qui ne font pas de problèmes et sont prêtes à avaler des couleuvres… certains diront des pythons ou des boas.

En réalité, la politique de diversité n’est pas gérée par ceux qui sont issus de la diversité et se présente comme une politique uniforme de promotion de quelques électrons libres tout en s’assurant qu’aucun noyau dur de la diversité n’émerge. Il suffit de s’assurer que la diversité se transforme en gens de la divergence, profonde si possible pour mieux les garder sous contrôle.

La solution, c’est de les exposer et d’éviter de parler au lieu et place de cette France de la diversité. Il  faut s’assurer que les Français de la diversité sont considérés comme des Français à part entière. Aujourd’hui ce sont des Français entièrement à part… très mal représentés… alors qu’ils payent des impôts et font profiter la France de la double culture. Une vraie richesse pour la France. YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

Pièces Jointes

En France, la diversité ne rime pas avec « représentativité des minorités visibles »
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