Questions sur l’actualité du 17 novembre 2011

En début de mois de novembre 2011, David Shinn, ancien ambassadeur américain en Ethiopie et au Burkina Faso, qui n’est plus sous le sceau de l’obligation de réserve, a osé affirmer que « l’investissement chinois en Afrique a eu un impact positif sur l’Afrique sur le long terme ».

Presque un blasphème pour certains. Pourtant c’est vrai. Les langues de bois se délient donc car il n’aurait pas pu dire cela s’il était en fonction. C’est aussi cela la démocratie à l’américaine.

Au lieu de dire que l’aide, les investissements et la forme de coopération « gagnant-gagnant» chinoise  est mieux que les formes de conditionnalités choisies par des pays comme les Etats-Unis, ou ceux de l’Union européenne, il a choisi, devant la Commission des affaires étrangères du Sénat américain, la formule douce  à savoir que l’investissement à long terme de la Chine sur le continent africain a eu un impact positif. C’est surtout dans le domaine de l’infrastructure que les résultats sont palpables. Mais cela tout le monde l’avait remarqué.

Ce qui est plus intéressant, c’est que Mr. Shinn constate que la Chine a investi dans les domaines où les Africains ont demandé qu’ils investissent. Est-ce à dire que les Etats-Unis et l’Union européenne n’ont systématiquement investi que dans des domaines où ils attendaient un retour sur investissement ? Certainement. Est-ce à dire que l’Occident n’a pas jugé important d’écouter les Africains responsables… La réponse est encore  malheureusement OUI, même si tous les projets reposent sur la fameuse « requête officielle » des Etats.

Quand on regarde de près les Accords Afrique Caraïbes Pacifique (ACP) de l’UE avec les budgets bien maigres qui y sont consacrés, ou les accords américains dits AGOA, « Loi sur la Croissance et les Possibilités Économiques en Afrique », il y est d’abord question de satisfaire  les intérêts vitaux des pays occidentaux. Au sortir de la guerre civile en Angola, les pays occidentaux ont fait la sourde oreille aux demandes répétées de reconstruction de ce pays. La Chine, elle, a répondu présente.

L’ambassadeur Shinn apparaît comme un « révolutionnaire » en rappelant que les médias occidentaux versent dans le politiquement correct en s’éloignant de la vérité des faits lorsqu’ils qualifient les aides de la Chine à l’Afrique de procédés « néocoloniaux » portant atteinte à la démocratie et aux droits humains.

Qu’un Américain, ex-ambassadeur, s’attaque aux médias de la sorte, c’est qu’il a dû souffrir des désinformations américaines tout au long de sa carrière diplomatique. Des universitaires américains ont aussi confirmé ces points en indiquant que les accusations contre la Chine sont infondées car le niveau général d’affaiblissement des droits et libertés publiques en Afrique entre 2000 et 2011 n’ont pas fondamentalement diminué à cause de la Chine.

Il est constaté que les Chinois recrutent des Africains, pas encore suffisamment à des postes décisionnels mais cela dépend si l’entreprise chinoise a réussi à bien s’implanter durablement dans le pays. Les pratiques de gouvernance de la Chine tant dans le secteur public que dans le secteur privé sont purement gouvernées par l’efficacité économique.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas une stratégie globale chinoise de maîtrise de ses approvisionnements en matières premières et de sécurisation de son marché d’exportation. La neutralité coupable de la Chine, qui consiste à ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures africaines, ne l’empêche pas de fournir des armes discrètement là où la matière première est livrée sans trop de protocoles. C’est du business. YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

Pièces Jointes

La Chine écoute l'Afrique avant d'investir sur le continent
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