Questions sur l’actualité du 22 novembre 2011

C’est le 12 novembre 2011 que le Gouvernement tanzanien a rendu officiel son  Plan d’investissement de 10 ans dans l’agriculture.

Refusant la facilité consistant à donner ses espaces aux multinationales de l’agrobusiness, le Gouvernement, qui repose son action sur des élections libres et démocratiques, a choisi, sans langue de bois, de s’attaquer aux problèmes de la sous-alimentation, de la pauvreté et de la pénurie d’aliments dans les régions rurales.

Il n’a pas trouvé d’autres solutions que de promouvoir et d’accroitre la production agricole et la sécurité alimentaire du pays entre 2012 et 2020. Ce Plan d’investissement s’inscrit dans un Programme global de développement agricole pour l’Afrique.

En fait, avec une croissance économique moyenne de 7 % entre 2004 et 2011 et des estimations à 6,6 % en 2012, le Gouvernement a décidé que la croissance minimale dans le secteur agricole devra être de 6 %. Plus de 10 % du budget national sera consacré à ce secteur. Le ministre de L’Agriculture, de la Sécurité alimentaire et de la Coopération Jumanne Maghembe, a annoncé plus de 5 milliards de $US sur la période de 5 ans (2011-2016) qui proviendront de trois acteurs qui devront travailler ensemble : l’Etat, les partenaires au développement  et le secteur privé.

Le ministère du Plan soutient cette initiative avec des actions complémentaires sur le développement de l’irrigation, la gestion de l’utilisation des ressources de l’eau et de la terre. Bref, c’est bien une approche intégrée qu’il faut mettre en place dans ce secteur qui emploie près de 77,5 % de la population du pays et fournit 95 % de l’alimentation nationale.

Ce choix stratégique du « produire local et consommer local » est absent dans les pays francophones. Les dirigeants ont d’autres chats à fouetter… La croissance moyenne annuelle du secteur agricole tanzanien est passée de 3,2 % (entre 1990-2000) à 4,4 % entre (2000-2009) alors qu’elle a stagnée à 3,2 % en Afrique subsaharienne. En comparaison, le Togo a sévèrement chuté passant pour les mêmes périodes de 4 % à 2,8 %.

C’est cela qui fait dire à des observateurs avertis que le Papa a fait mieux que le fils puisqu’au Togo le pouvoir se transmet de Père en fils, une monarchie républicaine qui s’ignore. Si en Côte d’Ivoire cette croissance a chuté (de 3,4 % à 1,4 %) du fait de la guerre, il est difficile de comprendre la chute significative au Cameroun qui est passé de 5,4 % à 3,4 %.

Manque de volonté ou simple indifférence ? Il suffit de rappeler que l’Ethiopie est passée de 2,6 % à 7 % entre les deux décades. La volonté politique existe donc. De 2,4 % à 2 %, le Sénégal ne décolle pas alors que le Mali a doublé sa production agricole, de 2,6 % à 4,8 %. Mais personne n’égale le Zimbabwe suite à la prolongation d’un régime qui ne respecte pas la vérité des urnes. La croissance agricole y est passée de 4,3 % (entre 1990-2000) à -10,8 % (entre 2000-2009). L’usurpation du pouvoir ne permet pas à tous les Africains de manger à leur faim. YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

Pièces Jointes

La Tanzanie, un modèle dans sa politique agricole au service des populations
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