Questions sur l’actualité du 28 novembre 2011

Lorsque le Président des Etats-Unis, Barack Obama lui-même, appelle avec insistance que les autorités chinoises réévaluent leur monnaie le yuan, c’est qu’il y a malgré tout un petit vent de panique dans le monde occidental, synonyme assez régulièrement de communauté internationale.

La réponse ne s’est pas fait attendre. Hu Jintao, le Président chinois, a passé le message qu’une hausse substantielle de la monnaie chinoise le yuan ne réglerait pas les problèmes dans lesquels les Etats-Unis se sont eux-mêmes enlisés.

Le problème lié à la crise financière 2007/2008 provient bien des Etats et a contaminé le monde. La dette publique colossale des pays du monde occidental, dette que la croissance économique molle, voire la récession pour certains, ne pourra pas être enrayée avant une bonne dizaine d’années.

En général, ce genre d’équilibre des comptes se réglaient avec des arrangements volontaires ou forcés avec les pays en développement ou pétroliers. Mais, voilà, ces dix dernières années, les pays émergents et de nombreux pays pétroliers refusent de payer pour le système irresponsable d’une architecture financière mondiale fondée sur la déréglementation globalisée et un mode de fonctionnement basé sur le crédit, c’est-à-dire le fait de « manger son salaire ou ses revenus avant de l’avoir gagné ».

C’est ce crédit qui a permis, avec l’aide des banquiers et intermédiaires financiers usuriers, d’offrir les prêts hypothécaires déloyaux et frauduleux qui ont ruiné les classes moyennes américaines mais actuellement en Espagne et bientôt en Chine. Dès lors que le crédit hypothécaire ou le crédit en général accordé aux Etats n’est plus régulé, les spéculateurs sont rentrés en jeu pour finalement faire entrer de manière frauduleuse des actifs toxiques, des produits financiers ne reposant sur rien, ni sur l’économie réelle, ni sur une transaction réelle. C’est ainsi que les spéculateurs, défendus au nom de liberté totale des marchés, doivent être protégés. C’est cela qui a gangrené les Etats-Unis et la zone Euro.

Dès lors qu’un système mondial est corrompu par des multiples mauvaises créances que l’on découvre au fur à mesure que les uns et les autres n’en veulent pas, c’est la spirale de crise financière.  Le crédit non régulé est donc bien la cause de la crise financière de 2007/2008 et a conduit à la catastrophe dans le secteur de l’immobilier aux Etats-Unis. Mais rien ne permet de croire que cette chute des prix de l’immobilier n’atteigne pas la Chine. Attention de ne pas jeter le bébé et l’eau car la grande partie du système financier mondial est saine et fonctionne sur une base de la régulation qui entretemps s’est renforcée.

Mais il y a aussi des structures financières qui offrent des crédits aux entreprises le font sur des taux élevés, voire usuraires. En fait, les entreprises, notamment les Petites et moyennes entreprises (PME) ou les collectivités locales qui se sont engagées dans des prêts à taux variables se sont faits piégés, ce d’autant plus que les dirigeants de banques irresponsables ont conseillé d’aggraver la situation en y rajoutant des opérations de change risquées. L’ensemble de ces ingrédients existent aussi en Chine notamment dans le secteur immobilier. Il ne s’agit donc plus de « corriger » un système qui fonctionne mais bien de mettre en cause la « déréglementation » surtout si la croissance  mondiale se met à baisser… la conséquence est simple : toutes les entreprises, structures étatiques y compris les Etats qui sont très lourdement endettés, se retrouveraient automatiquement insolvables. YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

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Barack Obama contre Hu Jintao : faut-il manger son salaire avant de l'avoir gagné ?
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