Questions sur l’actualité du 8 décembre 2011

Avec la crise de la dette publique, l’Union européenne a transformé une crise hypothécaire et financière de 2007/2008 en une crise de mauvaise gouvernance.

Avec le mauvais arbitrage consistant à sauver les banques engluées dans une dette privée avec l’argent des contribuables, les gouvernants des pays riches ont choisi l’impunité pour les mauvais gestionnaires des banques.

Avec la Grèce et l’Irlande en 2010, les dirigeants européens ont institutionnalisé et socialisé la dette publique-privée en tentant de faire payer collectivement toute l’Europe, mais aussi les pays qui y sont associés de force depuis les temps coloniaux, comme ceux de la zone franc en attente de dévaluation.

La nouvelle crise boursière sérieuse de l’été 2011 a ouvert la porte à une fébrilité des bourses avec des perspectives de croissance économique quasi-nulle, ce sur plusieurs années. On ne peut donc pas transférer les risques privés et les actifs toxiques ou irrécouvrables vers les États sans conséquences. Le refus de restaurer une véritable régulation de l’économique et d’inciter à la délocalisation tend à transformer la gouvernance des pays riches qui vont passer de la rigueur à la récession.

Ralentissement de l’activité économique, régression des prestations sociales, augmentation du chômage, perte continue du pouvoir d’achat et difficulté à honorer les engagements sur l’aide au développement n’en sont que quelques symptômes. Avec une forte perte de confiance et quelques spéculateurs très actifs dans des secteurs ciblés, un vent de panique pourrait souffler doublé d’un paroxysme psychologique accompagné d’un assèchement du crédit pour les petites et moyennes entreprises.

Les réajustements peuvent être violents au point d’ouvrir la porte à des récessions sectorielles, géographiques et tournantes. La récession se manifestera par une diminution de vitesse de création de richesses. La Chine pourrait surprendre par un ralentissement automatique de  sa croissance avec des besoins de déploiements qui pourraient se traduire par un afflux important de Chinois en Afrique accompagné par une augmentation de l’investissement des pays émergents dans le capital des entreprises et banques africaines avec un contrôle indirect des conseils d’administration avec une simple minorité de blocage.

Le Président Harry Truman affirmait dans les années 1950 qu’ « il y a récession quand votre voisin perd son travail, dépression quand vous perdez le vôtre ». En Afrique, le travail ne veut pas dire salaire décent. Les décisions doivent être prises collectivement à partir de l’avis d’experts indépendants. C’est cette solution qu’a choisi le Président Franklin Roosevelt pour sortir les Etats-Unis de la récession de 1929. Avec des technocrates appelés « Brain Trust », le Président Roosevelt choisit de lancer des grands travaux fondé sur des financements publics, en fait un développement structurant.

C’est le « New Deal » hérité en 1932 du livre de l’économiste américain Stuart Chase.  Cette « nouvelle donne » mise en œuvre dès 1933 est un véritable programme de redressement économique suite à la récession économique de 1929. Il fut question d’interventionnisme de l’Etat dans les affaires économiques et sociales. L’Afrique ne peut continuer à écouter les conseils des dirigeants des pays riches qui ont réussi la prouesse de s’embourber tout seuls dans une récession économique durable. L’Afrique doit se diversifier, écouter ses experts et arrêter de faire semblant de faire de la politique au service des peuples. L’Afrique doit gouverner autrement. YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

Pièces Jointes

L’Afrique peut aider l’Europe : Entre rigueur et récession, le « New Deal »
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