Questions sur l’actualité du 16 décembre 2011

Le mode de gouvernance de l’Organisation des Nations Unies repose sur des conseils et des consensus.

Mais quand cela ne fonctionne pas, les sanctions prennent la relève. En décembre 2009, les mesures comprenaient un embargo sur les armes à l’Érythrée, l’interdiction de voyager des responsables politiques et militaires, et le gel des avoirs de certains de ses hauts responsables politiques et militaires.

C’est ainsi qu’à la fin de 2011, le Conseil de sécurité a augmenté sur sa liste les  sanctions contre l’Erythrée, en sus de celles de 2009. La raison est simple : les responsables gouvernementaux Erythréens continuent à fournir des soutiens multiples à des  groupes armés qui déstabilisent la Somalie et la Corne de l’Afrique.

L’Erythrée reçoit en fait le soutien de la Chine et la Russie, les 2 sur les 15 membres du Conseil de sécurité qui se sont abstenus. Le Gabon et le Nigeria ont voté en faveur de la résolution.

L’Erythrée fournirait, selon l’ONU, un soutien politique, financier, de formation et un soutien logistique aux armées. Mais là où les choses se gâtent, c’est que l’ONU a condamné l’Érythrée pour l’attaque terroriste de janvier 2011 qui visait à  perturber le sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba. Concrètement, ces soutiens se déclineraient en  divers assistance financière, militaire, en renseignement ainsi qu’en fournitures d’équipements, de formation, des centres d’entraînement pour les groupes armés, des passeports, des frais de subsistance, des facilitations pour voyager…

Au plan économique, ce sont les mines d’or qui deviennent des sources de financement pour déstabiliser la Corne de l’Afrique. Les appels lancés aux entreprises opérant dans la région pour un peu d’éthique sont restés lettre morte. Peut-être que le refus d’aider ce pays à sortir de la pauvreté explique les stratégies  isolationnistes de l’Erythrée d’aujourd’hui. Les conflits frontaliers avec Djibouti empoisonnent régulièrement les débats. Pour bien comprendre la situation, il faut remonter au  différend frontalier entre l’Ethiopie et l’Erythrée de mai 1998 à juin 2000. Ce conflit a été qualifié de « guerre idiote » car elle ne reposait sur aucune appropriation de matières premières ou de richesses et a fait au moins 100 000 morts.  La démarcation de la frontière entre les deux pays n’a toujours pas été faite à ce jour. Cela conduit à une impasse depuis 9 ans sur le processus de paix. C’est le statu quo avec des tensions ici et là.

C’est dans ce contexte qu’il faut rappeler le différend frontalier entre l’Erythrée et Djibouti, différend qui remonte au 18 avril 2008 avec les armées des deux pays qui se sont affrontés dans la zone de Doumeira  faisant de nombreux morts et blessés. Un statu quo précaire et une décision de l’ONU (résolution 1862) a condamné l’Erythrée qui aurait donc pénétré le territoire djiboutien et est sommée de s’en retirer. Depuis, l’Erythrée mène une guerre par procuration contre l’Ethiopie en finançant et soutenant sur le plan logistique l’insurrection islamiste en Somalie, y compris la milice radicale Shabaab (Shebab).

Pour clore le tout, les Etats-Unis qui soutenaient l’Erythrée contre ’Ethiopie lors de la scission du pays en deux, sont aujourd’hui en froid avec les dirigeants Erythréens et ont inscrit ce pays parmi ceux qui respectent le moins les Droits humains, ce depuis 2007. Attention aux attentats contre le siège de l’UA en Ethiopie ! YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

Pièces Jointes

Erythrée : nouvelles sanctions de l'ONU et risques d'attentat sur l'UA
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