Questions sur l’actualité du 4 Janvier 2012

Qui est Henriette Ekwe ? Une journaliste camerounaise de Douala ? Une femme militante ? Un esprit libre ? Une femme africaine consciente des enjeux ?

Plus que tout cela. C’est d’abord une femme courageuse et engagée dans un environnement hostile et peu démocratique. C’est le 8 mars 2011, la journée de la femme, que le prix du « courage féminin » a été décerné par le département d’Etat américain, Mme Hilary Clinton en personne à Mme Henriette Ekwe.

Interrogée sur une Radio mondiale francophone sur une petite rétrospective de l’année écoulée (2011), elle n’a pas gardé sa langue dans la poche.

Sur le Printemps arabe : Elle est convaincue que l’exemple du « printemps arabe » en 2011 témoigne de la détermination des peuples arabes.

Ce ne sont pas les soutiens des grandes puissances occidentales aux dictatures qui peuvent stopper un peuple déterminé.

Appliquer cette analyse à l’Afrique subsaharienne en 2011, cela signifie que la détermination des Africains n’était pas encore au rendez-vous puisque de nombreux dictateurs qui ont converti le mot dictature en « régime présidentiel avec des élections à un tour » sont encore légions.

Sur la Côte d’Ivoire et la Libye : Elle constate que la solution politique proposée par l’Union africaine et les dirigeants africains a été « snobée » par les dirigeants occidentaux, ce avec l’appui indirect de l’Organisation des Nations Unies. L’ingérence s’est déclinée en humiliation et solutions militaires avec des bombardements par des forces étrangères à la recherche de positionnements stratégiques.

Sur le désarroi des oppositions africaines : Henriette Ekwe constate que partout où il y a eu une absence de vérité des urnes manifeste et face au silence coupable des dirigeants occidentaux qui deviennent sélectifs pour soutenir la démocratie, les partis d’opposition africains n’ont fait que constater la politique des « deux poids, deux mesures » en Afrique des intérêts Occidentaux dès lors que leurs intérêts sont en jeu. Une démocratie à 2 vitesses ?

Sur l’Union africaine : Henriette ne fait pas dans la dentelle. Elle affirme que «L’Union africaine semble être sous tutelle de l’Occident» Elle ne se trompe pas puisque qu’il est facile de constater que le budget de l’UA dépend au trois quart des dirigeants occidentaux et non des dirigeants africains. Sa voix n’est pas écoutée. Les chefs d’Etats africains n’y voient pas un instrument pour le Peuple africain mais un simple syndicat pour défendre leurs intérêts en tant que chef d’Etat.

Sur les chances d’alternance politiques réussies en 2012 en Afrique francophone : Henriette Ekwe constate que dès lors qu’il y a des problèmes d’alternances politiques en Afrique francophone, il faut regarder si les Etats en question ne bénéficient pas de richesses tirées des matières premières.  Mais plus grave est la gestion patrimoniale des dirigeants excessivement riches. Cette richesse leur donne une capacité d’influence extraordinaire. Il s’agit de la capacité de corruption. Et quand le ventre crie famine, il faut d’abord le satisfaire. Cela déstabilise la structuration de la lutte et pourrait limiter l’Afrique à l’indignation et moins à l’action continue surtout si les dirigeants occidentaux optent pour défendre en catimini les dirigeants adeptes de la contre-vérité des urnes en Afrique.

Il n’est pas possible d’accepter que ce soit uniquement les dirigeants américains qui doivent  décider et choisir qui est ou n’est pas courageux au Cameroun. Où sont les Mo Ibrahim qui donnent des 5 millions de $ de prix à des chefs d’Etat qui ont quitté volontairement le pouvoir ? YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

Pièces Jointes

Henriette Ekwe : un courage tranquille
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