Questions sur l’actualité du 6 Janvier 2012

L’Afrique se réjouit d’avoir pu bénéficier de la concurrence que les entreprises chinoises, publiques et privées, exercent sur leurs homologues de l’Occident. Il y a eu progrès manifestement notamment dans le domaine des infrastructures.

Mais quand les dirigeants africains laissent entrer sans contrôle des marchandises bon marché et de mauvaise qualité, c’est de l’irresponsabilité. Car cela se traduit par des accidents, des retards, des blocages dans l’industrialisation endogène, etc.

Les entrepreneurs ne peuvent rivaliser alors qu’il suffit de faire comme les autorités chinoises, imposer au départ le partenariat avec les entrepreneurs du pays d’accueil et ne pas oublier la Diaspora africaine.

La compétition étant globale, il n’est pas possible de systématiquement toujours blâmer les fabricants chinois alors qu’un minimum de contrôle de qualité qui pourrait d’ailleurs rapporter de l’argent à l’Etat africain, et une politique d’investissement et de soutien à l’entrepreneuriat africain pourraient contraindre les entrepreneurs chinois à soutenir l’industrialisation africaine.

Dès lors que la Chine n’est plus considérée comme la seule responsable, c’est qu’elle travaille aussi à améliorer son image. Les motivations de la Chine sur ses ambitions coloniales sont systématiquement démenties par les autorités chinoises.

Pourtant, la Chine n’a jamais demandé, ni imposé aux pays africains de suivre son modèle de développement. La Chine n’a pas imposé de modèle de conditionnalité comme l’ont fait les pays occidentaux à travers leur canal privilégié qu’est le Fonds monétaire international.

Au contraire, la Chine a choisi de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures, quitte à soutenir indirectement les autocrates et quasi-systématiquement la contre-vérité des urnes en Afrique dès lors que les contrats engagés et futurs ne sont pas remis en cause. C’est d’ailleurs les réalisations réussies de la Chine en un temps record qui donnent longue vie à certains autocrates africains.

 Si les entreprises chinoises sont compétitives, il faut s’attarder sur le mode de fonctionnement. Prenons la main d’œuvre. C’est une question de mentalité. Les travailleurs chinois, comparés aux Africains ou même aux Occidentaux, semblent être plus résistants en termes d’endurance face aux difficultés. Mais les généralités sont trompeuses. La réalité est que beaucoup d’entreprises chinoises sont organisées pour travailler en trois équipes par jour pour ainsi travailler toute la journée et parfois toute la nuit. Cela permet de s’engager sur des délais courts de réalisation d’ouvrages et des projets.

Mais quelle souffrance pour le travailleur, tant en termes de salaire que de sécurité. Pour comprendre la compétitivité des entreprises chinoises, il faut s’attarder sur leur mode de fonctionnement : Choisir ici sommairement la main d’œuvre ; privilégier les dépenses de respect des délais, les conditions difficiles et parfois esclavagistes de travail, ceci constituant un mode opératoire non répréhensif en Chine. Il fait l’objet de contestation en Occident, mais de plus en plus en Afrique par les dirigeants africains.

En comparaison, les sociétés occidentales préfèrent mettre l’accent sur leur personnel avec un accent pour les expatriés et moins pour les Africains y compris les cadres. Le mode de fonctionnement des Chinois risque de n’être pas copié par les entreprises africaines. En 2012, les autorités chinoises vont privilégier les entreprises communes et c’est en Afrique du sud que cela démarre avec l’achat de 25% de la société Shanduka en Afrique du Sud, dirigée par Cyril Ramaphosa, celui que Mandela avait choisi pour lui succéder….YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

Pièces Jointes

Chinafrique : de la mauvaise qualité de produits à l'entreprise conjointe
Titre: Chinafrique : de la mauvaise qualité de produits à l'entreprise conjointe (61 clics)
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