Questions sur l’actualité du 26 Janvier 2012

En Occident, le grand public a découvert le poids des agences de notation dont Standard et Poor’s, Fitch  ou encore Moody’s. Toutes ces agences sont occidentales avec des méthodes occidentales d’approche des problèmes.

Ces agences ne sont pas toujours respectueuses d’une transparence et certaines avaient annoncées que tout allait bien pour la société Enron quand celle-ci fut totalement évincée du marché pour un scandale portant sur des malversations financières. Il y a donc bien des difficultés parfois pour faire confiance aux agences occidentales lorsqu’elles prennent des positions sur les pays non-occidentaux.

Dagong est une agence de notation chinoise qui a d’autres méthodes d’évaluation et un positionnement non-occidental…

Certains parlent même d’approches « chinocentriques ». En réalité, bien que Dagong ne soit pas très transparent dans ses informations, celles publiées sur les économies occidentales s’avèrent pertinentes.

Dagong avait dégradé la note de la France il y a belle lurette et ne fut pas étonné de la décision de Standard et Poor’s de dégrader le 13 janvier 2012 la France. Du fait d’une perte de compétitivité généralisée, la France avait été dégradée en décembre 2011 par Dagong de AA- à A+ alors que les trois grandes agences occidentales (Moody’s, Fitch Ratings et Standard and Poor’s) affichaient encore le triple A.

Pour Dagong, même la Chine ne bénéficie que de AA+ et les Etats-Unis d’un simple A. Alors anti-occidental, Dagong ? Non, simplement une vue non-occidentale qui semble plus proche des réalités. Il s’agit après tout d’évaluer et de noter les dettes souveraines des Etats.

Si on reprend la France, Dagong estime qu’elle n’a jamais mérité le Triple A. Dagong va plus loin, les Agences de notation occidentales ont « menti » en n’informant pas suffisamment à l’avance et correctement des réalités de la situation des Etats. Ce manque de clairvoyance n’est pas lié à des erreurs mais plutôt à une promiscuité trop grande entre les agences de notation occidentales et leurs clients. Autrement dit, les Agences qui vivent de l’argent de leurs clients ne sont pas suffisamment indépendantes et ont une tendance fâcheuse à oublier de refléter correctement les risques encourus juste pour faire plaisir aux clients, souvent en fonction des agendas électoraux de ces derniers.

Le problème est que cela engendre des erreurs d’arbitrages qu’il faut bien payer sous la forme de déficit budgétaire et de perte de pouvoir d’achat.

Guan Jianzhong, le patron de Dagong, avait dégradé les Etats-Unis de triple A à double A en août 2011 mais personne en Occident ne l’avait pris au sérieux. Il a fallu attendre que les agences occidentales de notation telles que Standard et Poor’s se décident de le faire pour le croire. Le patron des Etats-Unis de Standard et Poor’s de l’époque a d’ailleurs perdu son emploi… Comme quoi, il n’est pas toujours facile de dire la vérité à celui qui vous paye.

En réalité, les agences occidentales dans leur mode de calcul donnent une pondération moindre à la dette publique et à la croissance du produit intérieur brut alors que Dagong estime qu’il s’agit là de critères fondamentaux et leur accorde un poids prépondérable. Résultat des courses : Les pays qui sont les moins endettés ou mènent une politique de désendettement de l’Etat tout en privilégiant l’emploi et la création d’emplois au niveau local apparaissent en bonne position et sont les mieux notés dans les notations Dagong.

Les critères de Dagong appliqués aux pays occidentaux conduisent à relativiser les positionnements des pays les plus riches. Cela contribue à stopper d’un coup la désinformation permanente selon laquelle la gouvernance menée en Occident est performante et efficace. La réalité économique a été rattrapée par la réalité des faits. Il y a bien eu une gestion non responsable des budgets des Etats en Occident. Les pays émergents BRIC et associés comme le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Arabie Saoudite ont mieux géré.

Donc, au lieu de se moquer de Dagong, les agences de notation occidentales devraient reconnaître qu’elles n’ont fait que copier les décisions que Dagong a anticipées.  L’opacité n’est pas là où l’on croit. Mal informer ou informer trop tard, c’est tromper. Dagong n’est pas aussi expert que les agences de notation en la matière. YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

Pièces Jointes

DAGONG, une approche « chinocentrique » : une Agence de notation qui dégrade avant les autres
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