Questions sur l’actualité du 23 Février 2012

Cela fait malgré bientôt plus d’un mois et demi que des rumeurs insistantes circulent que Joseph Kabila ne serait pas celui qui dirige la République Démocratique du Congo malgré un soutien massif et conditionnel de l’armée. Pourtant il a suffi d’une apparition en public pour mettre fin à de telles rumeurs. Sous une pluie battante, Joseph Kabila est apparu, pendant quelques minutes (4-5) aux obsèques de son conseiller et proche collaborateur, Augustin Katumba Mwanke, décédé dans un accident d’avion à Bukavu, au Sud-Kivu. L’avion, conduit par un pilote américain qui est décédé aussi, est sorti en fin de piste pour finir dans un ravin.

Puisqu’il est impossible d’apporter des preuves de l’invisibilité d’un Président tant qu’il n’est pas visible, il faut se contenter de constater ses absences officielles.

C’est en présence du Président zimbabwéen Robert Mugabe, le seul Président africain présent à l’investiture de Joseph Kabila, que le Président a été vu suite aux élections contestées du 28 novembre 2011… La présence de Joseph Kabila à Noël (25 décembre 2011) dans l’île de Mateba, près de la ville de Boma dans la province du Bas-Congo ou encore les déclarations  de l’Ambassadeur Richard Zink, le Représentant de l’Union européenne en RD Congo qui était allé faire ses adieux au Président le 5 janvier 2012, ne permettent pas de savoir si Joseph Kabila a été vu.

Le 16 janvier 2012, est la date anniversaire de l’assassinat du Président Laurent-Désiré Kabila. Cela fera 11 ans que cette disparition n’a pas véritablement trouvé d’explications.

Le 17 janvier 2012, est la date commémorative de l’assassinat du Premier ministre Patrice Emery Lumumba. Le Président du Congo démocratique ne manque pas de célébrer ces deux évènements tragiques. Pourtant, Joseph Kabila était absent.

Le 25 janvier 2012, alors qu’il devait présider la cérémonie annuelle et protocolaire d’échanges des vœux avec le corps diplomatique basé au Congo, non seulement le Président n’est pas apparu mais la cérémonie a été annulée, ce sans aucune explication officielle des services de la présidence de la République. Donc, le corps diplomatique n’a pas pu présenter ses vœux. C’est un mauvais présage.

Entre le 24 et  le 28 janvier 2012,  Le nouveau Secrétaire général adjoint (SGA) de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix, le Français Hervé Ladsous, a séjourné au Congo-Kinshasa.

 Mais n’a pu rencontrer ni Président Joseph Kabila, ni d’ailleurs Etienne Tshisékédi, qui estime être le véritable Président de la RDC si l’on devait se fier à la vérité des urnes. Ayant été reçu par le Premier ministre Adolphe Muzito, Hervé Ladsous a lancé les phrases mouches qui ne changent rien sur le terrain en rappelant le rôle de l’ONU au Congo : « … la non-ingérence ne signifie pas indifférence ». Aucune responsabilité de l’ONU n’a été invoquée dans le calvaire que subit le Congo depuis quelques années, ce malgré une des plus importantes présences onusiennes dans le pays. Le SGA de l’ONU a d’ailleurs profité pour faire comprendre que tout serait donc de la faute du Gouvernement congolais en rappelant que « la protection des civils… est une tâche qui revient au gouvernement congolais ». Tant que l’ONU ne fera pas son mea culpa dans le drame congolais, les solutions de sortie de crise resteront complexes.

Entre le 28 et le 30 janvier 2012, personne n’a vu le Président Kabila au sommet de l’Union africaine en Ethiopie. La RDC étant membre de la Communauté de développement de  l’Afrique australe (Southern Africa Development Community – SADC) et ses liens privilégiés avec le Président Sud-africain laissent croire qu’il aurait voté sans hésiter pour la candidate sud-africaine au poste de Présidente de la Commission de l’Union africaine, Mme Nkosazana Dlimini-Zuma, l’ex-femme du Président Zuma. Alors comme on dit en Afrique et pour ceux qui y croient encore, les « djou-djou », les « grigri » ou encore les « scouds », pour parler d’attaques ésotériques qui proviendraient, sans qu’aucune preuve ne soit apportée, du candidat adversaire, auraient partiellement fonctionné. En effet, c’est Jean Ping, le gabonais qui, malgré sa non-réélection à la tête de la Commission de l’UA, a été choisi par les dirigeants africains pour gérer les affaires courantes jusqu’en juillet 2012, date du prochain sommet des chefs d’Etat de l’UA.

Il faut croire que les apparitions publiques furtives de Joseph Kabila pourraient n’être qu’une simple précaution sécuritaire que certains qualifient de paranoïa ! YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

Pièces Jointes

République Démocratique du Congo :  Joseph Kabila, entre sécurité et paranoïa
Titre: République Démocratique du Congo : Joseph Kabila, entre sécurité et paranoïa (86 clics)
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Description : Questions sur l’actualité du 23 Février 2012
Nom du fichier: africa1-23fev2012-rdc-joseph-kabila-entre-securite-et-paranoia.pdf
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