Questions sur l’actualité du 5 Mars 2012

Maintenant que le faux doute sur la tenue d’un second tour des élections présidentielles au Sénégal est terminé, il faut féliciter le Peuple sénégalais pour sa vigilance.

Ce peuple vient de prouver que sans intervention de forces étrangères ou des forces militarisées en Afrique, les élections se passent normalement. Les candidats qui promeuvent une approche de la « gauche » comme le socialiste Ousmane Tanor Dieng sont les véritables perdants de ce 1er tour.

Le citoyen sénégalais a arbitré entre le « Sopi » (changement) à la Wade que certains qualifient de « Wadisme » entaché de nombreuses allégations de corruption et une politique du changement fondée sur le libéralisme pragmatique de l’ex-premier ministre d’Abdoulaye Wade, Macky Sall.

Promettre de résoudre le problème de la Casamance en 6 mois, assurer devant tous les médias qu’il n’y a pas de candidat de l’opposition pouvant l’empêcher de gagner au premier tour constituent bien des échecs pour le Président sortant. Le Président Wade est passé de 54 % des voix au premier tour lors de la dernière élection à 34,82 % aujourd’hui, à comparer avec les 26,57 % de Macky Sall. Cela est un signe d’une perte de confiance au sein de ses propres électeurs.

L’âge a joué, 86 ans. Mais ce sont les successions de déviations subtiles du droit à son avantage, les affaires de corruption, le vol des consciences mais aussi l’impunité sans compter le fait de mettre en prison de manière intempestive tant des anciens amis en politique que des militants de la société civile qui expliquent cette désaffection. Un vrai désamour. La démocratie a donc gagné sur la « rue ». Avec seulement 51,58 % de participation et tous les opposants qui s’accordent pour voter pour celui qui sera le mieux placé au second tour, le Président sortant risque de voir ceux qui n’ont pas pu voter le 26 février 2012 venir le faire avec force au second tour. Le taux de participation de 51,58 % s’explique par le caractère insurrectionnel qui pré-existait encore quelques jours avant la tenue du 1er tour des élections présidentielles.

Les principaux candidats de l’opposition (Moustapha Niasse avec 13,2 %, Ousmane Tanor Dieng du Parti socialiste avec 11,3 %, Idrissa Seck 7,86  %, Cheick Tidiane Gadio, l’ex-ministre des affaires étrangères du Président sortant avec 1 %) ne veulent pas entendre parler de transhumance.

Les électeurs devraient suivre les consignes de vote de ceux qui veulent poursuivre le « Sopi » originel. Les nouveaux électeurs parmi les 48,42 % absents au premier tour devraient se déplacer pour suivre en majorité les consignes des candidats malheureux du premier tour. Logiquement, une grande partie devrait échapper à Abdoulaye Wade. A moins qu’il ne décide de ne pas se présenter comme lui a conseillé Alioune Tine, la voix de la société civile. Sans le savoir, le Président sortant a en fait structuré indirectement un référendum contre lui. Le deuxième tour se fait sur la base du « pour » et du « contre » Wade. La marge de manœuvre est donc réduite pour le Président sortant. Comme la cohabitation avec le Père « Wade » semble signifier aussi la cohabitation avec le « fils, Karim Wade », il faut croire que le vote du 2e tour risque de confirmer un « non » à l’éventuel avènement d’une dynastie familiale. Les modifications de la constitution sénégalaise par le Président sortant n’auraient alors servi à rien. Mais gare à la transhumance tactique des politiciens adeptes de la ventrologie, cette science qui donne la priorité au « manger d’abord », « la démocratie et l’éthique après » ! Le Peuple sénégalais, au-delà des Marabouts et leurs prédictions vraisemblablement erronées pour le Président sortant, sont en train de faire progresser la vérité des urnes, et donc la paix civile. Au lieu de rentrer dans l’histoire par la grande porte en ne touchant pas à la Constitution, le Président sortant a choisi la voie de la sanction par le peuple sénégalais. Alors, “tout est-il encore possible le 28 mars 2012”, lors du 2e tour d’une présidentielle « anti-famille Wade » ? YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

Pièces Jointes

Wade contre Sall : entre transhumance et respect des engagements au Sénégal
Titre: Wade contre Sall : entre transhumance et respect des engagements au Sénégal (66 clics)
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Description : Questions sur l’actualité du 05 mars 2012
Nom du fichier: africa1-5mars2012-wade-contre-sall.pdf
Taille: 158 kB

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