Questions sur l’actualité du 16 Mars 2012

Avec la campagne électorale française qui semble éviter soigneusement les sujets africains, tout Africain sérieux doit se référer au passé. Sous les régimes de droite comme sous les régimes de gauche en France, la Françafrique a mué mais n’a pas disparu.

Comment alors croire que l’un des candidats aux élections présidentielles françaises va sérieusement tenir ses paroles face à des lobbies privées et ésotériques contrôlant l’essentiel du maillage décisionnel en Afrique francophone ?

Peut-être qu’il ne sera plus possible d’avoir un ambassadeur « viré » par un Président africain, comme le cas de Jean Christophe Rufin qui était en poste entre 2007 et 2010 par la volonté de Bernard Kouchner, Ministre des Affaires étrangères à l’époque.

Mais peut-être aussi que l’on aura plus un ambassadeur nommé par Alain Juppé, l’actuel Ministre des Affaires étrangères être refusé par les autorités rwandaises sans motifs officiels. Dans le premier cas, Mr Rufin a cru naïvement à la promesse de Nicolas Sarkozy, l’actuel Président français qui avait promis la « rupture » avec la Françafrique.

Quant au Président rwandais, Paul Kagame, il ne fait aucunement confiance à une France qui a réussi en un quinquennat les interventions en Côte d’Ivoire et en Libye. Alors la vraie question n’est pas d’affirmé que l’on va se débarrasser de la Françafrique mais de savoir si on peut se  débarrasser de la politique africaine des réseaux occultes et des transferts de richesses africaines vers la France, transferts qui ne sont pas nécessairement inconnus de l’Elysée comme un certain « avocat » Robert Bourgi, qui semble-t-il n’a jamais professé, est venu annoncer avec fracas. Alors les valises ou valisettes ne sont rien à côté des milliards qui quittent l’Afrique vers la France par des voies françafricaines. Le vrai problème est le système complexe de la coopération avec l’Afrique qui dépend toujours de l’Elysée et moins des ministres des Affaires étrangères ou de la coopération.

D’ailleurs, c’est assez régulièrement que les ministres en charge sont régulièrement désavoués par le Chef de l’Etat français les forçant à faire dans le rétropédalage. Alors, la France qui s’affiche comme la maison mère des droits de l’Homme semble malgré tout considérer les Africains comme des Humains moins égaux que les autres humains dès lors qu’elle soutient indirectement des régimes autocratiques en Afrique.

Il suffit d’en donner une apparence illusoire d’une démocratie formelle, voire usurpée. Aussi, aucun des chefs d’Etats africains mal élus notamment en Afrique francophone n’oseraient aller contre la vérité des urnes s’ils ne bénéficiaient pas des appuis discrets de la France. Les renégociations des accords de défense  avec les pays africains du pré-carré n’a pas permis de voir plus clair dans les nouveaux accords de défense. Alors, on change l’emballage et on recommence comme avant ?

Les techniques sont nombreuses pour permettre aux richesses africaines de remonter vers le Nord : Les complaisances coupables pour des régimes autocratiques, l’intervention militaire pour sauver le même régime, les légitimations électorales  apparaissent comme des techniques d’appui à la Françafrique, c’est-à-dire un certain secteur privé français en Afrique.

La fin de la Françafrique viendra en principe des peuples africains dès lors que ce peuple n’acceptera plus de laisser partir une partie importante de sa richesse contre des miettes que se réservent quelques privilégiés au pouvoir et appuyé par une armée souvent clanique et non républicaine. YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

Pièces Jointes

La Françafrique : comment opérer une rupture qui n’est pas intervenue ?
Titre: La Françafrique : comment opérer une rupture qui n’est pas intervenue ? (89 clics)
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Description : Questions sur l’actualité du 16 mars
Nom du fichier: africa1-16mars2012-francafrique.pdf
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