Questions sur l’actualité du 29 juin 2012

Une instance internationale comme le G20 apparaît comme un espace de bavardage mondial non institutionnalisé. La voix des femmes africaines y est absente. Les Nations-Unies qui devraient être le lieu officiel des palabres des dirigeants du monde, se retrouvent marginalisées. Le problème, c’est la lourdeur, la bureaucratie, les recrutements par cooptage politique et surtout le moule interne du « profil bas », voire de la servitude cachée sous l’obligation de réserve ont conduit l’ONU à perdre son indépendance et son dynamisme.

La vérité est que dès lors que le nombre de femmes augmentent, les choses bougent plus vite et autrement. En effet, les femmes, organisées et en grand nombre, tendent à avoir des approches décisionnelles différentes des hommes. Alors, la question mérite d’être posée : est-ce que si les femmes étaient aux commandes de nombreuses institutions dirigées par les hommes, les choses ne se passeraient pas mieux ? Certainement et pour l’Afrique, la réponse est sans ambages : OUI !

Que ce soit lors des véritables changements et de rupture avec des pratiques non efficaces ou lorsqu’il s’agit de maintenir et de conserver les systèmes non-démocratiques en place, le rôle des femmes est primordial. Pourtant, dès lors que les femmes choisissent de ne pas intervenir et laisse le soin aux hommes, les situations se figent. Lorsque la femme qui arrive au pouvoir est isolée de ses consœurs et s’appuie beaucoup trop sur les hommes, alors, au lieu d’innover, cette dirigeante tend à promouvoir le conservatisme, surtout en économie. Il faut citer le cas de la Présidente du Libéria avec Ellen Johnson Sirleaf dont la réélection a été fortement  boudée et contestée par l’opposition et le cas de la Présidente du Malawi, avec Mme Joyce Banda qui a choisi de s’aligner sur les positions des pays donateurs pour obtenir d’hypothétiques « aides au développement » et se mettre à dos une grande partie des chefs d’Etat africains.

Mais cela ne doit pas faire oublier des progrès impressionnants au Rwanda. A ce titre, c’est encore dans la politique et la représentation de la femme en politique et dans les instances indépendantes de décision que la discrimination envers les femmes africaines et les femmes noires en général sont légions. Les discriminations sont institutionnalisées, mais inscrites parfois dans les gènes des sociétés traditionnelles où l’on croit même que le sort de la femme relève de la fatalité. Une pure supercherie, voire une superstition bien africaine !

Il faut donc plaider pour la résolution des conflits en Afrique par les femmes.  L’Union africaine n’a jamais eu de femmes à sa tête, ni en  tant que présidente en exercice, ni en tant que Présidente de la Commission de l’Union africaine, poste qu’occupe aujourd’hui le Gabonais Dr. Jean Ping.  Il faut reconnaître qu’il y a une parité au niveau des postes des commissaires de l’Union africaine, mais cette parité ne se retrouve pas au niveau des Etats africains.

D’après le dernier recensement de 2009, il y a 50,2 % de femmes en Afrique subsaharienne et elles ont une espérance de vie de 54 ans, contre 51 ans pour les hommes… Bref, le système de santé ne fonctionne pas bien, ce qui explique que l’on meurt plus tôt en Afrique qu’ailleurs.

Mais les Etats oublient trop souvent d’investir dans les infrastructures de santé et certains chefs d’Etat préfèrent aller mourir à l’étranger à force d’oublier de mettre un budget pour les hôpitaux et la santé de leurs concitoyens. Plus de 29 % des femmes ne reçoivent aucun soin prénatal et donc les enfants meurent… quel gâchis ! Les femmes à la maison ne reçoivent aucun salaire ou compensation… Les hommes africains n’y pensent même pas, mais veulent que la nourriture soit prête pour manger alors qu’on ne les voit pas laver les assiettes, laver le linge ou faire le repassage… Mais il y a eu un progrès. La proportion des femmes au parlement dans les pays africains a progressé pour atteindre 20 % en moyenne  en Afrique subsaharienne.

Au niveau des pays, il y a encore du chemin à parcourir…  Au Togo, 5 % des femmes africaines en 1994 pour atteindre 11 % en 2010, 17 % au Burkina-Faso en 1994 et 15 % en 2010, 3 % au Cameroun en 1994 et 21 % en 2010… Mais c’est le Rwanda qui bat tous les records passant de 17 % en 1990 à 56 % en 2010 suivi par l’Afrique du sud avec 15 % en 1990 pour passer à 45 % en 2010. Alors les femmes au pouvoir : Oui, oui et oui ! YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

Pièces Jointes

Faut-il confier plus de pouvoir de décision aux femmes africaines ?
Titre: Faut-il confier plus de pouvoir de décision aux femmes africaines ? (78 clics)
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Description : Questions sur l’actualité du 29 juin 2012
Nom du fichier: africa-29juin-2012-pouvoir-des-femmes-africaines.pdf
Taille: 114 kB

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