IFPeut-on véritablement faire l’objet d’une plainte en diffamation pour un coup de crayon satirique ? La réponse est à géométrie variable et dépend du niveau d’acceptation de la liberté d’expression et du lieu où vous déposez votre plainte. C’est cette géographie variable de la liberté d’expression qui est troublante dans les religions monothéistes, Islam, Judaïsme et Christianisme. Dans les pays où la laïcité fonde la communauté de destin, la liberté d’expression n’est pas non plus illimitée comme en témoigne la plainte déposée par les autorités françaises contre Dieudonné, l’humoriste considéré comme un polémiste-provocateur. Entre l’Islam des lumières et l’Islam de l’obscurantisme, c’est le jour et la nuit, comme au demeurant pour toutes religions. La violence pour imposer la liberté d’expression peut parfois aussi émerger dans des Etats dits « laïcs », mais cette violence est règlementée par la loi. Alors, pour tenter de stopper cette violence, il faut tenter de trouver des explications et non des justificatifs.

1. Faire l’effort de chercher l’origine de ces violences aveugles

L’Histoire est remplie de radicaux, voire de révolutionnaires, catalogués comme des marginaux qui ont souvent opté pour la violence. Il n’y a donc pas de violence intrinsèque à telle ou telle religion ou à au principe de laïcité. Paradoxalement, dans les religions, le radicalisme s’exprime souvent par l’émergence d’opposants au progrès et au modernisme sur fond de retour aux « origines », voire à la « pureté » des pratiques originelles. Dans les pays obscurantistes, nombreux sont les tenants de la liberté d’expression et plus particulièrement les journalistes qui ont été assassinés, marginalisés, empêchés de s’exprimer car considérés comme déviants par rapport à la pensée unique dictées par la voix du maître officiel.

Perdre son emploi ou ses locaux, se voir couper les doigts, voir toute une bibliothèque brûler pour empêcher la pensée de fuir le verbe pour muter en écriture ou en dessin sont des « choses » qui arrivent couramment dans les pays bafouant la liberté d’expression. Quand ces choses arrivent en Afrique ou dans les pays moins influents économiquement et politiquement, très peu de voix officielles s’émeuvent notamment à l’étranger.  La banalisation a gagné du terrain. Mais quand cela arrive en France, à Paris en ce début d’année 2015, c’est le choc, la colère, et la volonté de justice. Mais peut-être que la responsabilité est collective ! Car après tout, toutes les grandes capitales occidentales n’ont pas été épargnées. Il faut donc s’interroger sur l’origine de ces violences aveugles.

Quand certains chefs d’Etat africains (Mali, Sénégal, Niger, Gabon, Togo pour ne citer qu’eux) viennent battre le pavé à Paris en oubliant les nombreuses victimes du terrorisme de Boko Haram au Nigeria, il y a lieu de s’interroger surtout que certains, dès qu’ils ont quitté Paris, se sont empressés d’interdire la diffusion de Charlie Hebdo dans leur pays. C’est fut le cas de Macky Sall au Sénégal qui n’est pas le seul à avoir interdit le journal 1. Il a dû s’expliquer : « A travers cette présence, j’ai voulu indiquer que le Sénégal s’indignait face à ces méthodes barbares, intolérantes et inacceptables. […] C’est ça le sens de la présence, ce n’est pas «d’être Charlie», ou de «ne pas être Charlie». Maintenant, la question de la liberté de la presse, elle se pose partout dans le monde. Nous sommes des partisans de la liberté de la presse. Mais elle ne doit pas, de notre point de vue, entraîner vers ce qu’on peut considérer comme une provocation, tout à fait inutile 2 ».

D’autres comme le Président du Niger, Issoufou Mahamadou, sont obligés de condamner le slogan « Je suis Charlie » et de s’expliquer. En fait, l’interdiction d’une manifestation de l’opposition pour mauvaise gouvernance s’est confondue avec des réactions d’intolérance d’une partie de la population envers ce que le contenu de « Charlie Hebdo » signifie pour eux. Dans un pays pratiquant l’Islam modéré est structurée par des multiples interdits officieux et officiels, l’athéisme, l’obscénité, la grossièreté mais aussi la subtilité du contenu du journal « Charlie Hebdo »  a débouché sur déjà plus de 10 morts (à Zinder et à Niamey) avec plus de cinq églises chrétiennes incendiées 3, etc.  Les caricatures peuvent donc aussi générer des morts collatéraux.

2. Hommage aux Victimes du Terrorisme

L’attentat contre le Journal Charlie Hebdo dépasse l’entendement. Ce n’est plus la source d’inspiration comme une bibliothèque, ou l’organe d’impression comme le journal, ou les outils comme les doigts ou le cerveau que l’on cherche à détruire. Ce sont les hommes, femmes et toute la logistique d’une certaine liberté d’expression qui heurte certains… Au-delà, c’est surtout ce que ces journalistes et sympathisants de la liberté représentent à savoir la liberté de s’exprimer sans tabou. C’est donc bien la liberté de penser les limites des normes et conventions humaines sous forme de dessins satiriques  que deux individus, -les frères Kouachi- d’après la Police – ont cru éradiquer le 7 janvier 2015 à Paris. Douze personnes assassinées, onze blessées  avec des fusils d’assaut dans les locaux du journal et dans la rue ! La France et le monde sont choqués 4.

Le terrorisme vient de frapper sous la forme d’un attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo. Ont perdu la vie : Cabu, Charb (Directeur du Journal), Honoré, Tignous, Wolinski (tous des dessinateurs hors pair),  Elsa Cayat (psychanalyste), Bernard Maris (économiste de renom), Franck Brinsolaro, (policier affectée à la sécurité rapprochée de Charb, Mustapha Ourrad (correcteur), Michel Renaud, (l’invité d’honneur de l’édition de 2014, dessinateur et fondateur du festival Rendez-vous du carnet de voyage), Frédéric Boisseau (agent de maintenance) et Ahmed Merabet (gardien de la paix assassiné froidement dans la rue).

Quel degré d’ignorance faut-il atteindre pour croire que ceux qui, par le dessin, ont le courage de témoigner de l’hypocrisie des humains face à eux-mêmes, peuvent être éliminés par des commanditaires d’Al Qaïda du Yémen abusant d’une forme particulière de la sous-traitance des basses œuvres à des psychopathes téléguidés ? Les morts de Charlie Hebdo sont tous entrés dans l’éternité. Et…, le journal et la vie va et doit continuer. Charlie Hebdo a eu le courage de pénétrer dans l’intimité de l’hypocrisie des religions, des dogmes et de la sexualité sous la forme satirique. C’est cela qui fait progresser les religions et témoignent de l’absurdité de l’absence de tolérance entre les humains quelle que soit leur croyance ou leur non-croyance.

La Liberté d’expression n’est pas négociable. Le problème est ailleurs. La liberté d’expression ne peut faire l’objet d’un détournement abusif pour procéder à de la désinformation, à de l’amalgame ou à la promotion de provocations gratuites. Aussi, la liberté d’expression doit trouver ses limites mouvantes selon la géographie.

3. Liberté d’expression non négociable : avec ou sans désinformation

Comme on ne décrète pas le pardon en référence à la première page du numéro 1178 de Charlie Hebdo du 14 janvier 2014, tout ceci peut recommencer ailleurs sous d’autres formes et selon une géographie aléatoire et opportuniste. Le dénominateur commun est bien la lâcheté et l’ignorance de ceux qui sont devenus des esclaves de groupes terroristes radicaux fondant leur action sur le nihilisme. Car il s’agit avant tout d’un fondamentalisme-nihiliste qui prend racine d’abord au sein de l’Islam radical, notamment le courant de l’Islam sunnite qu’il convient de désigner comme des salafistes-djihadistes.

Les Salafistes prônent un retour à l’Islam des origines, en se fondant sur le Coran, le livre sacré des musulmans et la Sunna qui regroupe les règles de la théocratie prophétique ajustée avec la tradition et les enseignement du prophète Mahomet. L’alliance au 18e siècle entre les partisans du prédicateur Mohammed Ben Abdelwahhab et Mohammed Ben Saoud, le fondateur de la dynastie de l’Arabie saoudite a ouvert de nombreux courants de pensée et de pratiques. Il convient de citer les Wahhabites en référence au frère du prédicateur et les Ahl at-Tawhid (partisans de l’unicité) qui sont restés fidèles à la doctrine originale. L’Arabie Saoudite a fait du Wahhabisme la religion d’Etat avec d’important financement pour faire rayonner cette doctrine et n’est pas toujours mécontent de voir l’axe « salafiste » devenir un  repoussoir au sein même du monde musulman.  Pourtant, ni les Salafisme radical, ni les Wahhabisme radical ne rejettent les formes larvées d’épuration et de retour aux sources.

4. Le dogme de la purification et du messianisme salafiste : une rétrogression socio-culturelle

La notion de pureté, elle-même à géométrie variable peut osciller entre de simples différences d’interprétation jusqu’au refus de toute influence avec ce qui n’est pas « pure ». Le problème est que selon le niveau d’ignorance, une partie du monde non-musulman, non-islamisé, peut être assimilée à des éléments de corruption de la pureté. Ceci est d’ailleurs à noter dans la religion juive. Aussi, il arrive fréquemment que les valeurs considérées dans le monde occidental comme la laïcité, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, voire la démocratie et par extension, la liberté de s’exprimer librement sur tout ne soient que des instruments de corruption de la « foi » et des pratiques religieuses. Les salafistes-radicaux qui prétendent, -ou s’auto-octroient- la mission de retourner aux sources et donc de « purifier » le monde, peuvent rapidement évoluer vers un fascisme avec comme objectif l’épuration et la purification de ceux  qui sont considérés comme de véritables agents bloquant l’avènement du retour aux sources. Au plan culturel, cela pourrait s’apparenter à des formes de rétrogression socio-culturelle.

Il suffit par ailleurs que quelques psychopathes en mal d’héroïsme soient instrumentalisés et marginalisés dans leur environnement de proximité pour que la magie de la révolution djihadiste armée, sous le couvert de la mission divine salvatrice, opère. Il ne reste plus qu’à ;

  • persuader des esprits ignorants et fragiles d’éliminer ceux qui « corrompent » les esprits ou ceux qui « contribuent à blasphémer contre le prophète ou les valeurs sacrées de l’Islam » ;
  • de les financer et de les former ;
  • de leur apprendre à se faire oublier pour mieux émerger au moment voulu.

Comme il s’agit d’individus que la société a souvent laissés à la marge en toute indifférence, il était difficile de se rendre compte du phénomène de mutation de simple délinquant de quartier à celui de combattant nihiliste du Djihad. Le mouvement de transformation vers la radicalisation semble s’accélérer suite à un passage dans les prisons françaises qui compte le plus grand nombre de jeunes français devenus des salafistes-nihilistes en mal d’exploit. Nombreux sont-ils à ne rien comprendre à la démocratie ou à la laïcité puisque ces deux concepts semblent être la cause de l’exclusion en France et du blocage de leur avenir. C’est ainsi que de jeunes et des moins jeunes, se font endoctriner non sans parfois avoir travaillé officiellement ou officieusement comme indicateur pour les autorités en charge de la sécurité du territoire. On aimerait bien entendre certains de ces Français-djihadistes repentis… afin de bien solder les comptes. Car c’est bien les fissures dans la construction d’un « communautarisme » du vivre ensemble qui a des ratés.

5. Refonder et opérationnaliser le vivre ensemble : stopper la géographie de l’épuration

Pour une grande majorité de Musulmans, les caricatures de Mahomet sont une marque de non-respect manifeste, voire une insulte et un blasphème. Mohamet, icone sacré, considéré comme le dernier prophète de Dieu sur terre dans l’Islam, est intouchable. Alors quand le et les dessinateurs le « croquent » avec une bombe ou d’autres attributs jugés inexacts par rapport au Coran, ceux qui se réclament de l’athéisme ou ceux qui en profitent pour faire avancer la cause d’une politique occidentale, ou d’autres valeurs contraire à l’Islam, peuvent se retrouver dans la géographie de l’épuration. Il s’agit donc bien de « faire taire » ce qui est jugé comme une provocation.

Refuser de comprendre ceci est une erreur. S’arquebouter sur une sorte de communautarisme occidental qui, par le miroir déformant des médias tend à vouloir s’imposer comme un communautarisme universel, relève de l’ignorance. Ce mouvement à géographie variable est au cœur du choc des ignorances avant d’être celui du choc des cultures ou du choc des civilisations 5. Mais le véritable choc est bien entre l’ignorance et la confusion mutuelles entre les tenants du sacré et les tenants du profane 6. C’est donc bien d’un manque de tolérance à la base alors que l’éducation, la formation professionnalisée les échanges inter-religieux et surtout le retour des opportunités d’emplois dans les zones où les jeunes n’ont pas d’avenir et se radicalisent, pourraient faire la différence. Aussi, pour que le pardon opère, il faut nécessairement accepter l’autre. Il faut accepter, de part et d’autre, de limiter la provocation indirecte et directe qui fait monter les tensions. C’est cette prise de conscience salvatrice qui pourrait permettre alors le pardon d’opérer la magie de la réconciliation. Mais qui le veut ? Véritablement ?

Sans aucun doute, la liberté d’expression ne peut être censurée surtout si l’écriture, le verbe ou le dessin repose sur une part effective de vérité et non sur des élucubrations ou des raccourcis dangereux. Lorsque la liberté d’expression repose sur une contrevérité, ou que la vérité est perçue comme une contrevérité, il y a lieu de s’expliquer ouvertement et officiellement. C’est donc bien d’un pacte de responsabilité entre les tenants des différentes doctrines qu’il conviendrait de mettre en place, ce de manière régulière pour éliminer les obscurantismes. C’est cela qui pourra faire progresser la compréhension des textes sur la laïcité, mais aussi sur les doctrines et pratiques religieuses, ce depuis l’école maternelle. Il s’agit de dépoussiérer l’éducation et de créer des nouveaux pôles de formation pour expliquer le vivre ensemble. Peut-être qu’en France, la conjugaison des efforts des ministères de l’Education, des Affaires sociales, de l’Intérieur et des Affaires étrangères pourrait permettre une réorganisation du vivre ensemble. A défaut, c’est le courant salafiste-nihiliste qui se cache derrière le djihad armé qui risque de continuer à frapper des innocents à l’aveuglette, ce selon une géographie variable. Le problème est que ces salafistes-nihilistes ne sont en rien représentatifs de l’Islam en général, de l’Islam de France en particulier. Mais si la représentation de l’Islam de France était fondée sur le vote et moins sur la désignation effectuée parfois discrètement par l’Etat, peut-être aussi que le poids de l’influence des représentants de l’Islam de France serait plus grand sur les jeunes candidats et apprentis djihadistes. Car si on n’écoute plus les représentants de l’Islam en France, on va chercher des « représentants » ailleurs… au point de favoriser les amalgames.

6. C’est quoi être « Charlie » ?

Le slogan « Nous sommes tous Charlie » a peut-être été mal choisi car cela a conduit à des amalgames, des assimilations ambiguës favorisant le choc des cultures et donc des civilisations.  Ce slogan, avec un peu de recul, a permis de promouvoir une sorte de pensée unique sur le concept de l’assimilation au point que le respect des valeurs des uns et des autres se sont retrouvés discrètement sur une sorte d’échelle des valeurs.

Le problème est que dans ce genre d’échelle des valeurs non écrites, -mais partagée collectivement par une communauté sur le territoire français-, peut heurter sur un autre partie du globe. Avec la diffusion quasi-instantanée de l’information dans les régions les plus reculées mais aussi parfois culturellement rétrogrades du monde, le choc de « valeurs » est inévitable et les réactions du premier, deuxième et énième degré sont à  prévoir, et doivent être désamorcées. Aussi, les valeurs de Charlie Hebdo, devenue en un jour, les valeurs unifiant la France, les amis de la France et au-delà les amis de ce que représente la France s’est confondue avec d’une part :

  • la liberté d’expression ;
  • la liberté de la presse ;
  • la liberté d’être non-respectueux, voire diffamant, inutilement eu égard aux valeurs de l’autre, ce sous le couvert de l’athéisme ; et surtout
  • la liberté de faire rire ou prendre conscience en offensant ouvertement par le dessin, le fameux trait du crayon qui croque l’hypocrisie, la sexualité, et l’absurdité des actions humaines, toutes religions et nationalités confondues.

Le problème est qu’avec la globalisation, ceux qui comprennent au premier degré ne sont pas nécessairement d’accord avec ceux qui comprennent au deuxième, voire troisième degré. Mais il y a aussi tous ceux qui n’y comprennent rien et se font expliquer ou instrumentaliser. Et là réside le premier danger que le communautarisme français, devenu en un laps de temps court, un communautarisme occidental partagé par des non-Occidentaux, n’arrive pas à convaincre ailleurs. C’est d’autant plus vrai que cet ailleurs se décline sous la forme d’un communautarisme islamo-radical. Car répétons-le, la grande majorité des musulmans, des chrétiens et des juifs de toute obédience sont des pacifistes et n’ont rien à voir avec les groupes radicaux secrétés par ces mêmes religions monothéistes.

Comment est-ce que ces religions monothéistes arrivent-ils toujours à moment ou un autre, dans l’espace ou le temps, à produire des extrémismes en leur sein ? Mais les tenants de la laïcité, -que ce soit sous les arguments de rester « ce qu’ils sont », ou de ne pas se laisser dicter leur liberté, ou de voir cette liberté être modifiée par la pratique des autres-, ont souvent choisi la position de la victimisation en interne, alors qu’à l’international, ces mêmes tenants de la laïcité sont considérés comme des agresseurs qui offensent les croyances des autres, du fait de leur ignorance du sacré. Ils sont d’ailleurs considérés comme des ignorants et des profanes. Il faut en prendre conscience car cela peut expliquer les violences spontanées ici et là dans le monde. Alors, il s’agit bien de forcer l’autre à accepter « ce que je suis »… Pure dictature ?

7. Dictature des croyants et dictature de la Laïcité « : comment faire entendre raison ?

La dictature des « croyants », -les vrais comme les faux-, entrent en conflit direct avec la dictature de la laïcité. Ce cocktail explosif devrait normalement trouver des solutions si la palabre africaine intelligente sert de liant pour apaiser les tensions et favoriser la tolérance, la compréhension de la culture de l’autre, l’acceptation de la foi de l’autre. Bref, c’est ce qu’il convient d’appeler le respect mutuel. Mais il n’en est rien ! Chacun s’arqueboute sur sa capacité à se déclarer plus légitime que l’autre ou oubliant qu’il s’agit là du meilleur moyen pour fomenter et faire prospérer la violence intrinsèque des humains à s’autodétruire au cours de l’histoire. Les formes choisies sont multiples notamment les guerres sous toutes ses formes mais la violence de la monnaie qui crée la pauvreté et le chômage qui exclut socialement semble suivre un cycle aléatoire auquel Dame Nature apporte quelques soutiens sans crier gare comme les Tsunamis ou autres catastrophes naturelles… Les êtres humains ne se gênent pas pour y ajouter des virus fabriqués en laboratoires pour mieux procéder à la rentabiliser des vaccins en oubliant que le virus fabriqué peut muter 7.

Alors les prises de conscience viennent toujours trop tard au point de devenir un rituel de façade auquel semblent se prêter autant les personnes réellement touchées par le drame de Charlie Hebdo. Alors que des milliers de personnes sont tuées par Boko Haram au Nigeria à la même date, des personnalités politiques hypocrites feignent d’être touchées pour mieux parader alors qu’ils piétinent les droits élémentaires de leur peuple et plus particulièrement la liberté d’expression dans leur pays. Au nom d’une diplomatie dont la visibilité est aussi à géométrie variable, François Hollande les accueille les bras ouverts.

C’est pour cela qu’il faut s’interroger sur pourquoi est-ce que la France délivre un visa français pour assister à la marche « Je suis Charlie » à des autocrates, des spécialistes de la « contrevérité des urnes »,  voire des oppresseurs dans leur pays d’origine, et plus particulièrement de ceux d’Afrique ? La réponse est souvent bassement matérielle. La Real Politik commande qu’il faut accepter d’avoir autour de soi, ceux qui mettent à disposition des militaires, des territoires et autres facilités pour soutenir l’Armée française dans ses différents fronts guerriers en Afrique et au Moyen-Orient.

8. François Hollande embrasse Faure Gnassingbé

Rappelons que si la liberté de chacun s’arrête là où commence celle de l’autre, tout le problème vient du lieu où chacun met le curseur. Au Togo, ce curseur a conduit à mettre en prison de nombreux journalistes quand certains comme le feu Atsutsé Kokouvi Agbobli, le Directeur d’un Journal local n’ont pas tout simplement été assassiné au mois d’août 2008 8. Pourtant, le Président du Togo, Faure Gnassingbé, introduit par le Président Macky Sall, a embrassé François Hollande à Paris. Rassurez-vous, ce n’était pas sur la bouche ! Si officiellement, personne n’a été invitée, on peut se demander si Faure Gnassingbé a arborée « Je suis Charlie » pour défendre la liberté d’expression et de la presse en France et pas au Togo.

Ou alors, est-ce qu’il s’agit  pour la France de récompenser l’autocrate président d’un petit pays qui refuse de faire des élections locales depuis plus de 10 ans qu’il est au pouvoir alors le Togo a fourni des troupes pour soutenir la France dans ses opérations militaires en Afrique dont le Mali. Ou encore, le « je suis Charlie » de Faure Gnassingbé, fils d’Etienne Gnassingbé Eyadéma qui a dirigé le Togo pendant 38 ans par la force, l’intimidation et le blocage de la liberté d’expression et de la presse sauf pour faire l’éloge de sa gouvernance-autocratique ou celui de son parti sans démocratie ? Est-ce encore peut-être pour rappeler au monde que la France de François Hollande n’a pas de problème avec ce genre de dirigeant africain dès lors qu’il a réussi à changer la Constitution de 1992 du Togo en catimini, alors que cette Constitution a été adoptée par référendum par le peuple togolais ? C’est bien Faure Gnassingbé qui a fait modifier par le parlement dominé par son parti (RPT/UNIR (Rassemblement du Peuple Togolais) devenu Union pour la République, en avril 2012 9) cette Constitution qui a supprimé le 2e tour lors des élections présidentielles et législatives. Mais en recevant un Président du Togo qui refuse entre autres choses :

  • de recenser la Diaspora togolaise de plus de 2 millions de personnes et donc de les associer au droit de vote ;
  • de revoir le fichier électoral sur des bases consensuelles avec les partis de l’opposition pour les élections présidentielles prévues en mars 2015 ;
  • de garantir des élections fondées sur la vérité des urnes en acceptant la parité entre opposition et le parti au pouvoir au sein de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ;
  • de laisser la justice travailler en toute indépendance en l’instrumentalisant au point de faire de l’impunité et l’absence de vérités des comptes publics, le droit commun et non l’exception au Togo ;
  • de réduire le déficit de l’Administration centrale en faisant passer le solde budgétaire global hors dons de -3,6 % du Produit intérieur brut (PIB) à sa prise de pouvoir dans le sang en 2005 à ‑7,6 % du PIB en 2014 10, témoignant sa qualité de gestionnaire alors que pendant la même période la croissance économique du pays s’est améliorée passant de 1,2 % à 2005 à 5,6 % en 2015 grâce aux recettes engrangées par le port en eau profonde et le travail des citoyens togolais ; et non moins important,
  • de réduire la corruption puisque toutes les entreprises publiques du pays sont dirigées par les personnes nommées par lui avec un taux de 90 % de mauvaise gouvernance ;

François Hollande a-t-il pris la mesure des contradictions importantes de la position de la France auprès des peuples africains de moins en moins manipulables ? Que faut-il penser de sa décision d’exfiltrer, pour des raisons humanitaires, et discrètement, l’ex-Président Blaise Compaoré du Burkina Faso vers la Côte d’Ivoire, puis vers le Maroc et apparemment vers le Togo ? Faut-il remercier un autocrate pour avoir accepté de cacher un autre autocrate au Togo, pour que le premier ne vienne pas demander un asile politique en France compte tenu des nombreux services rendus à la France par le Burkina-Faso et au-delà, en Afrique ?

Néanmoins, les bruits qui courent sur le « soutien » supposé de François Hollande à Faure Gnassingbé, semblent conforter ce dernier sur ses chances de renouveler son sport favori, à savoir la contre-vérité des urnes lors des prochaines élections présidentielles prévues, en principe, en mars 2015 pour préserver sa famille à la tête de l’Etat togolais depuis 1967, ce par un troisième mandat consécutif à la tête du Togo pour cinq ans. Le mois de mars 2015 risque d’être encore un mois où une crise électorale risque de créer des morts… Les effets collatéraux des embrassades entre Faure Gnassingbé et François Hollande pourront alors être établis.

9. « Tu ne tueras point » : Les nihilistes s’en fichent !

Ce qui unit autant l’Islam, le Judaïsme et le Christianisme comme au demeurant toutes les autres religions du monde, c’est l’interdiction de tuer un humain par un autre humain. Ceux qui sont désignés comme issus de l’Islam radical doivent être requalifiés de salafistes-djihadistes avec une précision de taille : il s’agit de nihilistes. Le paradoxe est que ceux qui se font tuer ou se font exploser croient à l’éternité. Pourtant, ils agissent d’abord comme des nihilistes… Souvent marginalisé, ayant des difficultés d’insertion ou carrément exclus en toute indifférence de la société, ils ou elles construisent un monde parallèle, souvent fondé sur l’ignorance, d’une sorte de contre-société avec en filigrane, une volonté de découdre avec ceux ou celles qui ont fait d’eux des « sous-humains » entièrement à part. Alors dans la loi de Talion, « œil pour œil, et dent pour dent » qu’applique la grande majorité de chacun à son prochain, il ne faut pas s’étonner que certains, en bandes organisées ou pas, choisissent ou basculent dans une sorte de désenchantement moral, puis psychique fondée sur le pessimisme lié à l’absence d’opportunités ou d’alternative pour leur propre futur dans la communauté des humains.

Aussi, l’action héroïque devient un leitmotiv que certains gurus de l’Islam radical ont vite faire de repérer avec l’aide de la politique carcérale appliquée par la France depuis une dizaine d’années. Les jeunes délinquants « issus des minorités et de la diversité » sont « quasiment » offerts en stage aux prisonniers incarcérés pour grand banditisme, meurtres, viols ou autres embrigadements. Lorsque ces « caïds » des prisons françaises prennent en charge les jeunes stagiaires, c’est pour en faire des futurs combattants du Djihad. Encore faut-il s’assurer que ces jeunes psychopathes n’aient pas de remords au cours du cycle de formation, de professionnalisation, de radicalisation, de mise en veilleuse avant l’action héroïque que constitue le fait de tuer un autre humain, si possible en grand nombre pour, ‑disent certains- se retrouver au paradis des « martyrs »… Bref, le cumul de l’ignorance et de la manipulation par les gurus instructeurs de l’islam radical est une bombe humaine imprévisible. C’est cela qu’il faut désintégrer.

Aussi, toute solution passe d’abord par la nécessité de nommer le danger et le mal. Il ne s’agit en aucun cas de l’Islam modéré mais bien d’une des branches guerrières prônant la violence, au nom d’Allah qui n’a rien demandé 11. Mais, si l’objectif est l’éternité après la mort, il n’est pas possible d’accepter de tuer l’autre et de fuir au paradis des « vierges ». Car ils fuient le tribunal et la justice des humains. Ces terroristes sont d’abord des nihilistes. Que ce soit les tenants d’Al Qaïda, de l’Etat Islamique ou des Califats ou encore Boko Haram ou d’autres mouvance dissidentes ici et là, ils sont tous en un point commun : ce sont des nihilistes, à savoir des humains qui nient les valeurs culturelles, morales, économiques et sociales ainsi que la hiérarchie sous-jacente entre les nations. Mais, il y a une dimension de « vengeance » ou plutôt de tentative de démontrer une capacité de nuisance pour exister qu’il ne faut pas sous-estimer. La réalité est qu’un individu nihiliste, malformé à la hâte aux principes élémentaires des Salafistes radicaux ou du Wahhabites du prosélytisme culturel, est un malade. Un auteur tunisien Abdelwahab Meddeb a clairement identifié le problème en 2002 dans son livre intitulé la « Maladie de l’Islam 12 » sans d’ailleurs trouver le remède, comme s’il s’agissait d’une fatalité.

Mais quelle fatalité y-a-t-il à limiter la liberté d’expression d’un provocateur satirique si ce n’est de lui faire de la publicité gratuite ?

10. Dieudonné provocateur, a fait sauter les limites « en France » de la liberté de s’exprimer

Les actions de désolation et de mort préméditée des humains par d’autres humains ne seraient-ils alors que des préludes à de futurs conflits inévitables du fait des chocs des civilisations ?  Peut-être ! Mais en réalité, il n’en est rien. Il s’agit des résultantes des actions et de la gouvernances des humains fondées sur le rapport de force, l’usurpation de l’autre et donc au fond, le refus de tolérer l’autre, soit en refusant de limiter sa liberté là où commence celle de l’autre, ou mieux dit : « de ne pas faire à l’autre, ce que l’on aimerait pas que l’autre vous fasse 13 ».

Alors selon le niveau où l’on place le curseur de ce qui est toléré, acceptable ou pas peut facilement relever de l’apologie du terrorisme. C’est en cela que Dieudonné, le provocateur de service en France, a encore « frappé » en montrant les limites de la liberté de s’exprimer en affichant publiquement une position choquante dans le contexte actuel à savoir qu’il se sent proche d’un certain « Charlie Coulibaly 14 ». L’avocat de Dieudonné  a expliqué que Dieudonné estime qu’il est traité comme s’il était un  « terroriste » et qu’à ce titre il a accolé ces deux noms » en référence à Mr Coulibaly qui a tué une femme policière noire et quatre personnes de confession juive dans un supermarché cacher de Paris 15.

La conjonction de deux noms comme au demeurant les caricatures de figures emblématiques de monde du sacré sonnent comme une provocation gratuite et inutile qui créent la déstabilisation et parfois la mort selon le lieu et le temps. Avec les réactions entre autres au Niger, de l’Iran, du Pakistan, etc., l’après-publication du numéro 1178 de Charlie Hebdo du 14 janvier 2014 16 pourrait finalement créer autant de mort que l’attentat lâche contre ce journal de libre-penseur 17. Pourtant,  le schéma de pensée de libre-penseur et dessinateur athées ne peut que « clacher » avec le schéma de pensée de ceux qui considèrent qu’il y a des tabous sur ce qu’ils considèrent comme « sacré ». C’est ainsi que toucher à ce qui est considéré comme sacré par les uns relèvent de la provocation gratuite, ou que l’information diffusée est considérée comme inexacte, humiliante et donc condamnable. Dès lors que ce qui relève pour certains du sacré ne se corrige par au tribunal des humains par Dieu lui-même ou par les représentants de l’Islam, alors ceux qui se considèrent comme « missionner » sans mandat par Dieu ou Allah s’en charge sans d’ailleurs nécessairement croire en Dieu, Yahvé ou Allah. Le cocktail explosif est en place.

C’est le jour, le lieu, l’heure et la cible qui demeurent une inconnue jusqu’à l’émergence de l’innommable. Le nihilisme devient alors une forme de duperie pour tuer d’abord, puis pour faire sauter au même titre que les caricatures du sacré, les contraintes de la société, des normes et des limites de la liberté des uns et des autres.

Ainsi, les deux approches, à savoir la violence des caricatures comme au demeurant la violence du bannissement de la société des jeunes djihadistes, conduisent à des formes d’ignorance des humains entre eux et de ce qu’ils sont en tant qu’humain. Le terrorisme radical effectué par des nihilistes issues des rangs des salafistes-djihadistes est paradoxalement considéré comme une réponse à ceux qui par le dessin, le crayon et la créativité se jouent, souvent au second, troisième ou énième degré des contradictions mais aussi de l’hypocrisie de ceux-là mêmes qui ne respectent pas la première loi du Coran, de la Bible, de la Torah et de toutes les religions et traditions du monde : Tu ne tueras point et tu ne feras pas tuer. Le nihilisme destructeur peut aussi provenir paradoxalement de la plume, du verbe comme de l’action meurtrière effectuée en isolation ou en bandes organisées.

Aussi, en d’autres géographies, voire sous d’autres régimes, Dieudonné l’humoriste -polémiste n’aurait pas eu droit de cité, encore moins à une publicité gratuite par ceux qui se sont sentis le droit d’engager des poursuites pour au fond l’amener à « faire de l’autocensure 18 ». En cela, Dieudonné ferait bien de se demander s’il pourrait repousser les limites de la liberté de s’exprimer à l’infini dans les régimes comme ceux d’Iran, du Niger, du Pakistan, sans même évoquer les fiefs du terrorisme nihiliste. Bref, l’acte de Dieudonné est aussi une provocation. La nouveauté est qu’avec la plainte de l’Etat contre lui, c’est bien la justice de la République française qui va décider du niveau où le curseur de la limite à apporter au droit à liberté d’expression devra être placé. Mais cela ne signifie pas que tous doivent se fondre dans une pensée unique de la laïcité.

11. « Je suis Charlie » : adhésion collective à la laïcité ?

Comment concilier ceux qui interprétait le « Je suis Charlie » comme une adhésion à « je suis Français » avec ceux qui se limitait à défendre pacifiquement le « Je défends la liberté d’expression ». Mieux, la confusion se démultiplie avec ceux qui refusent la lâcheté et l’horreur des tueries et ceux défendent mordicus « je défends la laïcité ». En réalité, c’est bien le droit de ne pas tuer impunément qui a réuni la
France entière et une grande partie des haut-dirigeants du monde à Paris.  Mais au-delà, c’est aussi le droit de ne pas avoir peur car le terrorisme n’a jamais vaincu la liberté partout où il s’est exprimé avec barbarie et aveuglément. Mais alors, est-ce vrai que tout ceci n’a pas de sens ? Les véritables commanditaires et organisateurs de telles déstabilisations, -car il s’agit bien de déstabiliser -,  ne sont pas dans une logique de compréhension mutuelle mais bien dans celle de l’éradication mutuelle.

Malheureusement grâce à une constellation explosive de gurus radicaux versant dans le messianisme 19  où l’islamisme-salafisme et ses dérivées se sont organisés pour s’appuyer sur des psychopathes que la société du tout économique a produit,  -que ce soit le capitalisme ou le socialisme/communisme qui ont prévalu dans le monde-. La société moderne n’arrive plus à intégrer les Français en France. Certains croient aller se faire « intégrer » dans les pays du Djihad et se retrouve pris en otage par des réseaux de nihilistes-djihadistes. D’autres choisissent volontairement de rejeter ainsi le passeport français, croyant ainsi en finir avec ceux, non clairement identifiés, qui les ont exclu de l’intégration à la française.

La France des politiques comme des citoyens n’a pas répondu aux crises des « banlieues » des années 2005. En fait, une réponse a été donnée, celle de l’indifférence générale face à des évènements considérés comme des épiphénomènes traités en s’appuyant sur le rapport de force de la République et l’urgence politique des agendas des élections. Alors, les « laissés-pour-compte » ont vite récidivés autrement et se sont vite retrouvés en prison. La France, collectivement avec une responsabilité sans fautes 20, a choisi de mettre ses jeunes dans les quartiers communautaristes au sein des prisons. Aussi, au lieu de traiter le problème par l’éducation, la formation à un métier qui donnerait alors l’espérance de l’égalité des chances et la fraternité face à l’emploi à la sortie de prison, la France de l’époque a choisi de laisser ses jeunes se « faire éduquer » par les grands caïds du banditisme de l’islam radical en prison.

Le reste est connu.

12. Impasse des jeunes djihadistes français : il faut parler du rôle « d’indicateurs » et de « taupes »

Les jeunes ou moins jeunes, souvent désœuvrés, marginalisés, hors-société et très souvent hors-la-loi n’ont en fait aucune chance d’intégration réelle. N’importe quelle structure du radicalisme en fait une bouchée de pain au plan de l’endoctrinement. Il n’est bien sûr pas question ici de défendre ces futurs assassins mais bien de comprendre la responsabilité ou l’irresponsabilité avec et sans fautes de l’Etat dans cette affaire.

La France des politiques a choisi d’ignorer la représentation de la diversité, sauf quand il s’agit de mettre quelques têtes en avant sans que ces élites ne soient des représentations de la diversité d’en bas. La représentativité de la diversité en France a du plomb dans l’aile. Trop peu de maires sont issus de la diversité 21. Le parlement français continue à penser que la politique doit se faire par des représentants émanant majoritairement des professions libérales quand il ne s’agit pas de « politiciens professionnels ». Alors la représentation bafouée se traduit par des réactions excessives, incontrôlées et souvent téléguidées de l’extérieur, au moins financièrement et au plan organisationnel. Mais le fait d’avoir aussi utilisés de nombreux jeunes comme des « indicateurs » et des « taupes » ne doit pas être rangés au rayon de l’amnésie. Car ces vrais ou faux « indicateurs » et « taupes » expliquent aussi le nombre important de jeunes Français,- voir aussi Belges-, qui se sont converties et engagés dans des guerres dites « djihadistes » dont ils ou elles ne maîtrisent ni les tenants, ni les aboutissants. Il suffit d’ailleurs que les barbares-nihilistes organisent un « bizutage » les associant à des décapitations pour qu’une grande partie de ces jeunes finissent par constater leur erreur stratégique.

Mais comment revenir en arrière sans être considérés comme des traitres dangereux, dormants ou tout simplement en mission télécommandée décalée géographiquement dans le temps ? La réalité est que la responsabilité de ceux qui ont produit de tels « taupes » ou « indicateurs » est pleine et entière. De nombreux jeunes sont donc bien morts sans avoir parlé, que ce soit dans les pays où ils sont partis rejoindre les rangs des islamistes-djihadistes, comme au demeurant ceux qui sont revenus en France pour commettre ou pas des attentats. Comment faire la différence alors que la marginalisation est double, en France, puis au sein des groupes djihadistes où certains sont considérés comme des traitres ? Cette la fausse « foi » dans un monde idéal peut et doit être changé au niveau de l’éducation. Le lavage de cerveau a transformé des jeunes délinquants français en des assassins solitaires de plus en plus organisé en réseaux dans un monde du numérique et de l’image scoop 22.

13. La protection insuffisante de Charlie Hebdo

Mais pourquoi, après un premier attentat contre le journal « Charlie Hebdo », l’Etat français a considéré que le risque d’un second attentat était marginal au point de limiter la surveillance de ce journal satirique se réclamant de l’athéisme à un policier sans véritable protection ? Le reproche, quel est-il ? Est-ce le fait d’être trop irrévérencieux aussi envers le pouvoir avant de l’être contre les représentants des confessions religieuses du judaïsme, du christianisme, du bouddhisme, de l’animisme, de l’athéisme ou de l’Islam ? Est-ce parce-que les membres de l’équipe de Charlie Hebdo étaient pour beaucoup trop orientés vers les valeurs d’une « gauche » peu adepte du « socialisme libéral » assumé et mise en œuvre par la politique actuelle de la France ? Ou alors, est-ce tout simplement le manque de moyens financiers pour assurer leur sécurité ? Peut-être que la réponse se trouve dans un savant dosage détonnant de tout ceci. Mais, Charlie Hebdo n’était pas suffisamment bien surveillé alors qu’il a subi un précédent attentat.

14. Conclusion : Le devoir de ne pas nier l’autre

Le droit de tout dire, d’écrire ou de dessiner doit continuer à être promu. Mais ce droit doit s’arrêter là où commence la liberté de l’autre. Encore faut-il que les informations promues soient exactes et vérifiées et vérifiables. Cela dépend de chacun en âme et conscience. Mais cela relève aussi de la connaissance de l’autre et non de la négation de l’autre. Aussi, c’est bien de responsabilité personnelle et collective dont il est question. Sur la base de ce critère, de nombreux chefs d’Etat africains devraient se rendre à l’évidence que la corruption est incompatible avec la sécurité publique. La secte nihiliste Boko Haram semble rappeler cette évidence dans le sang, la désolation et la mort. L’Afrique n’a pas besoin de cela. Pourtant, trop de dirigeants africains nient leur compatriote dès que leur propre sort n’est pas en jeu. YEA.

© Afrocentricity Think Tank. 20 janvier 2015.

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