logo de CVU Togo DiasporaLe Collectif pour la Vérité des Urnes a systématiquement informé le Peuple togolais, les autorités togolaises et l’opposition de la Coalition des 14 que s’engager dans un vrai « faux » dialogue ne peut donner des résultats efficaces au service du Peuple togolais 1.

1. LA CEDEAO A OUBLIÉ TOUTES LES COMPOSANTES DE LA SOCIÉTÉ CIVILE INDÉPENDANTE

Il faut bien faire le constat qu’actuellement, pour sortir durablement le Togo de la crise multiforme qui la secoue, la Feuille de route proposée par la Communauté Economique et de Développement des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) – concoctée sous couvert de l’initiative de Faure Gnassingbé juste avant qu’il ne quitte la présidence tournante de l’institution – ne propose, de fait, que des solutions partiales et partielles à la crise togolaise. C’est au cours du 53e Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, tenu à Lomé, le 31 juillet 2018, qu’un communiqué final de l’institution sous régionale a proposé que soit fixée au 20 Décembre 2018, la tenue d’élections législatives au Togo. Cette proposition présupposant qu’entre-temps, les réformes et autres préalables permettant de réaliser des élections libres, transparentes, sécurisées avec la participation de la Diaspora togolaise seront réalisés par Faure Gnassingbé et son Gouvernement.

Bref, le respect de la demande du Peuple togolais, à savoir le retour à la Constitution de 1992 et le départ immédiat de Faure Gnassingbé, a été rejeté sans état d’âme. Comme d’ailleurs, depuis la publication de la Feuille de route de la CEDEAO, ce point semble faire l’objet d’une amnésie générale de la part des membres de la Coalition des 14 partis, ce volontairement ou involontairement, il ne devenait important pour le pouvoir et ses alliés de circonstance, que de satisfaire la survie de Faure Gnassingbé et celle des présents et futurs députés.

Ainsi, les questions de fond à savoir les demandes explicites de réformes et la question de la transition politique, formulées depuis le 19 août 2017 par le Peuple qui constituent les motivations de la crise socio-politique du Togo, ont été converties par certains, à la manière des illusionnistes, en simple demande d’élections législatives, organisées au pas de course et sans garde-fous. Apparemment, il est question pour la CEDEAO de cumuler les élections communales avec les élections législatives autour du 17 décembre 2018. A l’exception peut-être des missions de suivi et des experts de la CEDEAO, le compte n’y est donc pas pour le Peuple togolais. Il n’empêche que l’histoire politique ou électorale du Togo démontre à satiété leur récurrente inefficacité des élections togolaises, systématiquement fondées sur la contrevérité des urnes.

Aussi, il n’est plus question de laisser les partis politiques, ceux qui sont au pouvoir, comme ceux qui aspirent au pouvoir, décider seuls des agendas du futur au nom du Peuple togolais et de laisser réduire son noble objectif – les revendications non-satisfaites exprimées par l’insurrection du 19 août 2017-, à un bien pâle consensus à minima, sur des élections sans réformes et donc sans transition, puisque c’est à Faure Gnassingbé que la CEDEAO a confié la charge de mener à bien l’organisation des élections législatives au plus tard le 20 décembre 2018. Connaissant l’expérience pluri-décennale du parti UNIR-ex-RPT en matière de falsification électorale le pire est donc à craindre.

Le consensus actuel s’est donc opéré sur le dos des populations togolaises.

Aussi, le Peuple doit s’attendre après le 20 décembre 2018, à la continuité du statu quo, puisque Faure Gnassingbé n’organise pas des élections pour faire perdre son parti Union pour la République (UNIR) dont certains membres influents estiment qu’ils devraient remporter plus de 75 % des suffrages. Quant aux membres de la Coalition des 14 partis, il est question d’abord d’assurer leur gagne-pain, en oubliant d’ailleurs que tous les autres responsables des 118 partis enregistrés au Togo ne seront pas absents de cette compétition qui fait de Faure Gnassingbé et de son armée clanique, le maître d’un jeu macabre de distribution des sièges de députés.

Au lieu de s’appesantir sur le fond du problème, à savoir l’accaparement par le système militaro-civil-clanique de Faure Gnassingbé et ses réseaux, qui contrôlent le pouvoir et usent de l’abus de droit et de pouvoir pour imposer leur survie, la CEDEAO a choisi de se focaliser sur la tenue d’élections législatives, dans ce qui est présenté comme une « Feuille de Route » sans étapes et sans possibilité de contrôle précis par tous les protagonistes.

Dans ces circonstances, la CEDEAO pourrait perdre le peu de crédibilité qui lui reste auprès du Peuple togolais, de la communauté internationale et des africains, si elle continue à donner l’image qu’elle agit pour préserver le seul avenir de Faure Gnassingbé et non pour aider le Peuple togolais à construire celui de la Nation. Aucun togolais n’a oublié, que c’est la CEDEAO qui en 2005 a avalisé au Togo le coup d’Etat constitutionnel perpétré dans le sang. Donc la CEDEAO est connue pour n’avoir jamais écouté la société civile togolaise, encore moins la Diaspora togolaise plurielle et indépendante.

Subséquemment, le CVU-TOGO-DIASPORA demande expressément à la CEDEAO de constater les insuffisances graves de ce qui est encore dénommé improprement « feuille de route » et d’y associer l’ensemble des composantes de la société civile togolaise indépendante en phase de restructuration pour plus d’efficacité.

2. LA SOCIÉTÉ CIVILE TOGOLAISE EXIGE LA LIBÉRATION DES PRISONNIERS POLITIQUES

La décision de la CEDEAO consistant à refuser de satisfaire immédiatement les préalables exigés pour donner une chance à ce dit « dialogue » d’avancer, à savoir la libération immédiate de tous les prisonniers politiques a fait perdre patience à plus d’un au Togo. Cet aveu de faiblesse de la CEDEAO se traduit par la liberté totale donnée au pouvoir cinquantenaire des Gnassingbé de s’arroger le droit, ou plutôt l’abus de droit, de continuer à refuser de libérer les prisonniers politiques. Ou, pis encore,  de continuer à mettre des personnalités en prison, principalement parce que ces citoyens togolais animateurs de l’insurrection du 19 août 2017, demandent le retour à la Constitution originelle de 1992 – pour non-respect du parallélisme des formes lors des modifications unilatérales et intempestives de la dite Constitution -, avec comme conséquence le départ immédiat de Faure Gnassingbé.

Il s’agit, notamment des principaux cas suivants :

  • le kidnapping par les Autorités publiques togolaises de M. Assiba JOHNSON, un défenseur des droits humains, accusé de « génocide » alors qu’avec d’autres collègues du Regroupement des Jeunes Africains pour la Démocratie et le Développement (REJADD) et le Réseau Africain pour les Initiatives des Droits de l’Homme et de Solidarité (RAIDHS), il a rendu public un rapport préliminaire établissant les responsabilités et fautes du système Gnassingbé entre le 19 août 2017 et  le 20 janvier 2018 2 ; ses collègues ont été obligés de fuir le Togo ou de se cacher ;
  • les membres de l’association « NUBUEKE » dont Messieurs ATSU, EZA et KOKODOKO ;
  • tous les manifestants pacifiques depuis les manifestations principales du 19 août 2018 ;
  • le prisonnier emblématique de la famille même de Faure Gnassingbé en la personne de son demi-frère Kpatcha GNASSINGBE ; et récemment
  • le journaliste M. Folly SATCHIVI, un ancien Président de la Ligue Togolaise des Droits des Etudiants (LTDE) à la tête du Mouvement « En Aucun Cas » qui s’est donné comme mission principale d’œuvrer pour permettre l’alternance à la tête de l’Etat togolais. Le Mouvement « En Aucun Cas » tire son nom de l’article 59 de la Constitution originelle de 1992 qui dispose « qu’en aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats ».

3. QUI LÉGITIME LE POUVOIR DE FAURE GNASSINGBÉ ?

Faure Gnassingbé est dans son troisième mandat, un mandat usurpé par la contre-vérité des urnes. Si le système militaro-civilo-clanique du pouvoir Gnassingbé n’a jamais respecté l’article 59 de la Constitution originelle adoptée par plus de 97 % des citoyens togolais, c’est que systématiquement la Cour constitutionnelle, la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le système judiciaire togolais et les institutions affiliées ne fonctionnent pas selon le principe de la séparation des pouvoirs.

Mais plus grave, les principaux membres de l’opposition qui ont accepté d’être candidats aux élections, se sont souvent accommodés d’un fichier électoral qui à l’époque ne permettait pas l’organisation d’élections libres, transparentes et permettant de refléter réellement la vérité des Urnes. Tous ces représentants des partis de l’opposition qui ont choisi de participer à une élection déloyale, ont aussi refusé de déposer un recours devant la Cour Constitutionnelle pour fraude électorale notamment lors les élections présidentielles de 2015, suscitant ainsi l’incompréhension de nombreux citoyens togolais s’estimant lésés.

Le problème est que cette attitude a fait de l’opposition « visible », un organe de légitimation du pouvoir en place. La masse des citoyens ne connait pas en revanche quelle a pu être la contrepartie d’une telle attitude 3 ?

Chacun pourra apporter les raisons de cette véritable forme moderne de « trahison » du Peuple togolais qui s’est transformée au fil du temps en une légitimation du système de Faure Gnassingbé. Autrement dit, il est difficile de croire que la Coalition des 14 partis politiques conserve une véritable volonté d’offrir une alternance au Peuple togolais. Il s’agit au mieux pour cette opposition de préserver des positions, voire le statu quo. Ou tout au moins de se positionner mieux que d’autres au sein d’une opposition qui refuse de faire le bilan de son efficacité, et, quand vient l’heure des négociations avec le pouvoir, de refuser systématiquement d’intégrer à celles-ci, des représentants de la société civile, des autres partis politiques indépendants du pouvoir Gnassingbé et surtout des représentants de la Diaspora plurielle indépendante.

En effet, en choisissant de neutraliser petit à petit les grandes marches populaires initiées par Tikpi Atchadam le Président du Parti national Panafricain, qui ont conduit à l’insurrection du 19 août 2017, et quels que soient les efforts diplomatiques effectifs opérés, la Coalition des 14 partis a finalement neutralisé les marches pacifiques. Surtout elle a tenté d’essouffler l’énergie du Peuple togolais en le privant du seul levier efficace permettant l’instauration d’un rapport de force susceptible de constituer un véritable contrepoids au pouvoir de Faure Gnassingbé et UNIR-ex-RPT.

Il n’est pas trop tard pour corriger cette erreur fondamentale de stratégie. Pour ce faire, l’intérêt supérieur du Peuple togolais doit redevenir la priorité absolue.

Le Peuple togolais qui se dit « l’or de l’humanité 4 » est, pour l’instant, incapable de prendre conscience de l’état avancé de la médiocrité et la non efficacité des approches politiques actuelles qui ne permettent pas d’offrir une alternative et une alternance crédible au Peuple togolais.

Il faut savoir que la dispersion des « forces vives » a empêché une partie importante de l’hymne national togolais de s’accomplir : « Seul artisan de ton bonheur, ainsi que de ton avenir, brisons partout les chaînes de la traîtrise ». La société civile doit se rappeler qu’il importe aussi d’identifier les traitres qui travaillent contre les intérêts du Peuple togolais.

Ceux qui refusent délibérément la présence de la société civile et la Diaspora togolaise plurielle et indépendante au sein des pourparlers-négociations pour l’avenir du Togo, doivent être identifiés et s’expliquer sur les motivations de leur attitude unilatérale.

Une explication franche et publique est le prix à payer afin d’ouvrir de nouvelles alternatives au Togo.

Sans un programme pour l’avenir du Togo, il sera difficile d’aller vers une approche inclusive permettant à tous de faire valoir leur vision, approche, propositions pour l’avenir du Togo.

Le Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI) travaille activement sur l’élaboration des bases de travail pour l’élaboration d’un Programme pour l’Avenir du Togo (PAT).

 4. « ESPERANCE POUR LE TOGO » : LE DÉBUT D’UNE ALTERNATIVE ?

Le temps est venu de trouver des formes nouvelles de coordination de la société civile basées sur l’éthique, les valeurs et les principes du bien-être du citoyen et non du bien-être des politiciens au pouvoir ou dans l’opposition.

Le 4 septembre 2018, un nouveau regroupement de la société civile togolaise a été créé et se dénomme « Espérance pour le Togo » avec comme porte-parole l’ecclésiastique, le prêtre Pierre Chanel Affognon 5. IL y est question d’assurer une meilleure prise en compte des préoccupations du peuple togolais dans toute sa diversité afin de faire transparaître les préoccupations du Peuple, notamment la partie la plus vulnérable et sans voix, dans l’amélioration de la feuille de route de sortie de crise de la CEDEAO. Il y est question de « fédérer les énergies pour une société civile crédible au Togo ». C’est cela qui se résume dans le « Manifeste des Forces Vives ».  Une forme de « pacte de confiance mutuelle » doit pouvoir voir le jour sur la base d’une approche inclusive mais décentralisée, respectant l’éthique et permettant d’accoucher d’une stratégie commune permettant de fédérer les énergies et les efforts des organisations de la société civile.

La réalité pourrait apparaître avec une amélioration de ladite « feuille de route de la CEDEAO ». Ceci, afin d’assurer les propositions de la société civile et de la Diaspora plurielle et indépendante, de manière à ce que leurs intérêts ne soient pas lésés par les négociations dans le cadre du processus actuel bicéphale entre le Gouvernement et la Coalition des 14 partis politiques.

Aussi, pour trouver des espaces de coopération avec la partie de la Diaspora togolaise plurielle et indépendante, il importe de s’assurer non seulement de « constituer une force de propositions » comme le propose l’association « Espérance pour le Togo », mais aussi de proposer un programme d’avenir pour le Togo facilitant l’inclusion du plus grand nombre comme le proposent le Réseau de coordination de la Diaspora Togolaise indépendante et le Collectif pour la Vérité des Urnes Diaspora Togo.

5. 5. RECOMMANDATIONS DE CVU-TOGO-DIASPORA

Le CVU-TOGO-DIASPORA recommande pour sortir durablement le Togo de la crise éthique, politique, socio-économique et culturelle que :

  1. la coordination de la partie de la société civile indépendante doit pouvoir trouver un espace de coopération inclusif avec la Diaspora plurielle indépendante ;
  2. aucune élection ne peut avoir lieu sans que les réformes constitutionnelles et institutionnelles et du système électoral et judiciaire aient préalablement abouti ;
  3. la refonte totale de la Cour Constitutionnelle doit avoir lieu avant l’établissement complet et recomposé de la CENI ;
  4. l’ouverture d’un espace d’échange et de travail constructif pour le Peuple togolais avec le Collectif pour la Vérité des Urnes – Diaspora Togo, avec le Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante, avec des partenaires indépendants de la société civile comme « Espérance pour le Togo » et d’autres partis politiques indépendants du pouvoir de Faure Gnassingbé ;
  5. aucune élection ne pourra se tenir au Togo même sous « protectorat » de la CEDEAO sans les réformes électorales et institutionnelles tant le Gouvernement de Faure Gnassingbé est juge et parti ;
  6. la mise en place d’un Gouvernement de Transition avec un pouvoir indépendant de Faure Gnassingbé, actuellement juge et parti dans le processus de sortie de crise avec la CEDEAO ;
  7. les structures de la Diaspora plurielle puissent préserver leur indépendance et leur mode de fonctionnement et de prise de décision décentralisés ;
  8. la représentation de la société civile dans sa composante plurielle y compris avec la Diaspora doit participer au processus d’élaboration de sortie de crise au Togo ;
  9. toutes les étapes d’avancement vers des élections fondées sur la vérité des urnes, doivent au préalable avoir été discutées avec la représentation de la société civile y compris la Diaspora non alignée sur Faure Gnassingbé et systématiquement faire l’objet de contrôles et d’un compte rendu officiel et régulier au Peuple, ce qui n’est pas actuellement prévu par la feuille de la CEDEAO ; et enfin
  10. un processus d’échanges d’informations et de participation aux décisions doit être trouvé entre la représentation des associations de la société civile et les organisations de la Diaspora plurielle indépendante dont le Cvu-Togo-Diaspora. YEA.

 

Le 18 septembre 2018.

 

Dr Yves Ekoué AMAÏZO

Coordonnateur général

Collectif pour la Vérité des Urnes.

Direction du Comité de rédaction sur l’Avenir du Togo au sein du réseau de coordination de la Diaspora togolaise indépendante.

CVU-TOGO-DIASPORA. Une association de fait financièrement indépendante et politiquement libre.

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