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Dr. Yves Ekoué Amaïzo, économiste, directeur du think tank « Afrology »

L’Acte constitutif de l’Union africaine (1) rappelle ce qu’il y a lieu de faire ou plutôt ce que la défunte Organisation de l’unité africaine (OUA) n’a pas réussi à réaliser, ceci en référence aux objectifs affichés en 1963 par les pères fondateurs de l’unité africaine à savoir la création :

  • d’une banque centrale africaine (BCA) ;
  • d’un fonds monétaire africain (FMA) ;
  • et d’une banque d’investissement africaine (BIA).

Parler de monnaie commune n’a pas de sens sans un processus réussi de convergence monétaire, processus lui-même fondé sur un fonctionnement indépendant d’institutions financières qui répondent aux besoins des populations africaines. Il est donc plus question d’organiser la mise en place graduelle, concertée d’une architecture financière africaine à géométrie variable et tenant compte des diversités et des vitesses de développement de chacun.

Le principe obsolète de création fragmentée d’institutions financières réparties dans les différents pays sur la base d’une alchimie de répartition géographique doit être dépassé, d’autant plus que cela nuit à l’efficacité et tue l’innovation. La décision politique ne doit plus primer sur le professionnalisme au point de devenir un handicap quant au fonctionnement du marché. Au risque d’ailleurs de conduire les institutions à faire plus du placement monétaire qu’à prendre des risques effectifs sur la qualité intrinsèque des dossiers. L’avènement de la création des trois institutions financières fétiches de l’Unité africaine relève finalement plus d’un changement de culture et de comportements financiers que d’une simple décision politique des chefs d’Etat.

Il n’est pas fou de penser, dès maintenant, à organiser la structuration électronique des échanges monétaires, bancaires avec comme objectif la gouvernance électronique des institutions financières. Ce sera non seulement faire preuve d’audace mais surtout de réalisme en termes de productivité et de compétitivité.

Le travail discret de la Commission de l’Union africaine doit être loué. Des textes juridiques portant sur la création de ces institutions sont en phase avancée d’élaboration. Mais, là encore, au lieu de faire un tour de table pour s’assurer des participations financières effectives, les responsables africains se contentent encore de l’approche traditionnelle des dossiers : proposer le cadre juridique et on verra…


(1) Article 19 : Les institutions financières : L’Union africaine est dotée des institutions financières suivantes, dont les statuts sont définis dans des protocoles y afférents : a) la Banque centrale africaine ; b) le Fonds monétaire africain ; c) la Banque africaine d’investissement. Voir l’Acte constitutif de l’Union africaine.


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