Questions sur l’actualité du 18 Janvier 2012

Après des tentatives avortées de promotion de contre-vérités des urnes au Togo dans les années 1960, et grâce à un rôle d’impartialité des Nations Unies de l’époque, le premier Président du Togo fut élu dans des conditions de transparence internationalement acceptées.

Pourtant 3 ans après, le 13 janvier 1963, Sylvanus Olympio, le premier Président démocratiquement élu du Togo, fut assassiné.

Par qui ? Rien n’est vraiment clair à ce jour, même si la plupart des présomptions et analyses y voient la main d’une France postcoloniale.

Sylvanus Olympio était un grand homme parce qu’il a voulu placer l’intérêt des populations avant celui des intérêts des grandes puissances coloniales.

Un grand homme parce qu’il voulait créer la monnaie togolaise, une monnaie qui mettrait fin à l’utilisation du Franc CFA (Franc des colonies françaises d’Afrique) basée, depuis 1945, sur l’usurpation des richesses africaines.

Un grand homme, parce qu’il voulait s’émanciper et émanciper son peuple de la tutelle de la servitude économique.

Un grand homme parce qu’il avait compris que la mise en place d’une infrastructure dont les recettes reviendraient aux autorités togolaises, permettraient rapidement de dégager une marge de manœuvre économique.

Le port autonome en eau profonde avec les Allemands ou la fin de l’exploitation gratuite du phosphate togolais par la France furent quelques-unes des orientations stratégiques. Il pensa d’ailleurs à organiser une sécurité nationale basée sur la police et la gendarmerie, pas l’armée. Refusant la guerre et outré par le rôle des Africains qui s’étaient engagés pour servir les pays coloniaux en écrasant dans le sang les luttes d’indépendance ou de libération dans les pays en développement, Sylvanus Olympio, par erreurs ou par mépris, ou les deux à la fois, n’a pas su ou pu intégrer dans les rangs de la police ou de la gendarmerie de nombreux Togolais qui s’étaient engagés dans l’armée coloniale.

Cette marginalisation d’individus revenus vivants et aguerris de guerres s’est vite transformée en une forme de ségrégation dans le droit au travail.

Comme une grande partie des soldats démobilisés étaient originaires du nord du Togo et bénéficiaient encore de multiples contacts avec la France, il n’a pas été difficile de transformer un groupe de soldats démobilisés en un groupe d’agents aux ordres de décisions télécommandées visant à débarrasser l’Afrique des grands hommes.

En sous-estimant la capacité de liquidation des nationalistes africains qui d’ailleurs refusaient de s’organiser collectivement à l’époque, Sylvanus Olympio a été le premier d’une longue liste d’assassinats d’Africains travaillant d’abord pour le bien-être et l’indépendance des Africains.

Dans des conditions troubles impliquant les Etats-Unis, la France et des ex-militaires démobilisés dont l’ex-Président du Togo, Etienne Gnassingbé Eyadéma, le 13 janvier 1963 reste une date triste pour le Peuple togolais.  Depuis, il n’y a toujours pas de vérité des urnes au Togo. La vérité est que tous les grands hommes africains, qui travaillent pour l’intérêt de leurs populations, sont systématiquement présentés par les médias à la solde des puissances occidentales, comme des espèces dangereuses travaillant contre les intérêts occidentaux.

Cette forme de désinformation systématique continue aujourd’hui. Beaucoup d’Africains et d’Africaines n’y prêtent aucune attention et vont jusqu’à devenir les agents véhiculant des mensonges historiques. Rappelons qu’une grande radio française avait annoncé une 1 heure à l’avance, l’assassinat de Sylvanus Olympio qui eut lieu vers 7 heures du matin dans la résidence de l’ambassadeur américain de l’époque.

Qui a informé le groupe d’assassins servant les intérêts coloniaux ? Un mystère que les Etats-Unis pourraient clarifier en déclassant les informations relatives à ce premier assassinat en 2013, soit 50 ans après ce crime resté impuni. YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

Pièces Jointes

1963 et Sylvanus Olympio : le premier Président assassiné en post-colonie francophone
Titre: 1963 et Sylvanus Olympio : le premier Président assassiné en post-colonie francophone (91 clics)
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