Questions sur l’actualité du 31 Janvier 2012

Le dernier rapport de la Banque mondiale intitulé «Perspectives pour l’économie mondiale 2012» publié le 18 janvier 2012 ne fait plus dans la langue de bois.

L’économie mondiale est en train de s’installer dans une instabilité durable, ce qui va engendrer des incertitudes en 2012 compte tenu des conséquences du ralentissement de la croissance des principaux pays émergents (BRICS) notamment le Brésil, l’Inde et dans une moindre mesure la Russie, l’Afrique du sud et la Turquie.

La Banque mondiale fait un petit mea culpa car ses prévisions de juin 2011 étaient beaucoup trop optimistes car elle croyait malgré tout dans la « bonne gouvernance des pays riches, les principaux membres du conseil d’administration du Groupe de la Banque mondiale.

Ces prévisions viennent d’être réduites de 1,1 %. Du coup, en 2011, la croissance économique mondiale ne serait plus que de 2,5 % en 2012 suite à celle de 2011 complétement révisée à 2,7 %. Donc, les incertitudes ont été telles que la Banque mondiale a offert des prévisions erronées. Cela veut surtout dire que suite à la crise de liquidité, de solvabilité liée à une dette souveraine en augmentation rapide, les mesures de redressement prises par les dirigeants européens collectivement ne sont pas bonnes.

Trop d’austérité, refus de laisser le Fonds monétaire international intervenir directement et de manière indépendante en zone euro et trop de laxisme sur les arbitrages des dirigeants des banques européennes ont contribué à un ralentissement généralisé qui pourrait d’ailleurs, si l’on n’y prête garde se transformer en un début de récession économique.

Pourquoi ? Les pays riches industrialisés, de manière dogmatique, continuent de croire que l’économie de proximité est une aberration alors que c’est la solution. Il ne faut pas délocaliser mais soutenir les entreprises qui investissent dans la proximité, et attirer ceux qui souhaitent relocaliser dans les pays d’origine, ce qui n’exclue nullement des partenariats intelligents permettant de trouver des solutions intelligentes à l’immigration par un système de migration circulaire.

Mais les réalités sont tenaces. Avec une prévision de 1,4 % de croissance des pays à revenu élevé (pays riches) en 2012, la Banque ne cache plus que la zone euro sera en rouge avec une croissance négative de -0,3 % avec un rebond possible en 2013. Les demandes des pays riches fléchissent et du coup le commerce mondial diminue avec comme conséquence indirecte une diminution globale des prix des produits de base, même si le consommateur ne s’y retrouve pas.

Le volume des échanges mondiaux qui s’est situé à 12,4 % en 2010 est tombé à 6,6 % en 2011 et ne devrait pas dépasser les 4,7 % en 2012. Si jamais cette baisse de la demande dans les pays riches atteint les pays émergents, ce qui n’est pas une hypothèse d’école, alors les pays en développement, les pays africains en particulier, devraient s’attendre à une détérioration de leur recettes basées uniquement sur la non-transformation des matières premières. Si les pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Turquie et peut-être Chili) voient leur situation se dégrader, alors oui, 2012 risque d’être difficile pour une Afrique qui continue à s’inscrire dans la division mondiale du commerce sans apporter de la valeur ajoutée à ses produits et services.

Si cette Afrique des gagneurs se réveille, et si les dirigeants gestionnaire du statu quo finissent par comprendre que l’amateurisme peut leur faire perdre leur pouvoir, alors peut-être que le déclic se fera. Il y  a donc beaucoup de « si »… C’est cela l’incertitude. L’Afrique devrait se concentrer sur l’économie de proximité, développer ses capacités productives en misant sur la transformation de ses produits et une promotion du commerce intra-africain comme soutien à la création de richesse au service des Africains. En attendant, l’Afrique qui a pu accumuler des réserves suite aux dernières années d’amélioration de sa croissance économique devrait trouver en interne les moyens de financer ses déficits budgétaires et si possible de ne pas les aggraver en 2012. L’Afrique ne peut se permettre de couper de nouveau dans les dépenses affectées à l’amélioration des infrastructures, de la mise à disposition de l’énergie y compris les énergies renouvelables et l’amélioration des dépenses de santé et de protection sociale.

Car, il faut d’abord être en bonne santé pour pouvoir travailler et créer de la richesse. Bref, c’est la demande intérieure qui sauvera l’Afrique. YEA.

Ecouter la “Question sur l’actualité du Jour” sur Africa N°1 dans l’émission “La Grande Matinale” d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.

Pièces Jointes

L'Afrique soutiendra la croissance mondiale en 2012 : la zone euro ne le pourra pas
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