CVU-Togo-Diaspora-logo42.jpgCOMMUNIQUÉ DU CVU-TOGO-DIASPORA

11 Septembre 2013

Avec un système de fraudes électorales renouvelées au cours des quatre dernières décennies au Togo, avec une communauté internationale qui estime que ces fraudes sont « acceptables » puisque les dirigeants du Togo n’ont pas atteint le point de non-retour qui consisterait à gazer la population, alors le système militaro-civile de Faure Gnassingbé s’organise, avec la même direction, à organiser le malheur du peuple togolais.

1.    Le Bonheur par la croissance économique : Un indicateur partial et partiel

Chacun pourrait croire qu’il s’agit là d’affirmations récurrentes des partis politiques de l’alternance au Togo. Pas du tout. C’est en fait la conclusion objective à laquelle sont parvenus les responsables du rapport 2013 sur le bonheur 1. Chacun doit savoir que le critère principal utilisé jusqu’alors pour déterminer très « très » partiellement le bien-être d’un pays repose principalement sur le niveau élevé du produit intérieur brut par habitant d’un pays. Si la croissance de ce chiffre s’accélère, chacun estime que les choses s’améliorent pour le bien des populations. En fait, avec la culture de la corruption comme seconde nature, il faut se rendre à l’évidence que les fruits de la croissance sont usurpés par une oligarchie qui fonctionne sur la base d’un centre déifié et d’une périphérie clientéliste prète à tout, même à vendre sa grand-mère ou ses parents, pour obtenir une manne du gâteau. Avec un tel système, les statistiques portant sur la croissance économique du Togo sont disqualifiées pour évaluer le niveau d’amélioration du bonheur des populations togolaises.

2.    Le Rapport 2013 sur le Bonheur : analyse multicritère de l’humain

C’est ainsi que le rapport 2013 sur le bonheur sur la base de plusieurs critères portant sur la période 2010-2012 a réussi malgré les difficultés de collecte et de comparaison des données entre les pays à dresser un classement des pays où il faut bon vivre… bref, un pays qui se rapproche de l’idéal du bonheur, même si les problèmes y sont toujours légions… Ces critères se résument à considérer la capacité des gouvernements successifs d’un pays à créer les conditions de réduction de la pénibilité et des accidents de parcours d’une vie, ce qui signifie que des institutions d’appui sont mises en place pour soutenir ou aider passagèrement les populations à s’adapter aux nouvelles conditions liées à l’évolution du monde. Les principaux critères peuvent être réajustés aux cas du Togo comme suit :

  • L’espérance de vie en bonne santé ;
  • Le niveau de perception de la corruption ;
  • Le produit intérieur brut par habitant ;
  • La liberté de faire des choix dans la vie et de l’autodétermination politique ;
  • Les soutiens sociaux notamment les infrastructures de bien-être ;
  • La générosité de l’Etat (priorité des intérêts nationaux sur les priorités extérieurs)

3.    Le Togo, le pays où il y a le moins de bonheur et les chances d’en avoir

Chacun pourra évaluer le Togo sur une note de 1 à 10. 1 signifie que le niveau de frein au bonheur est le plus élevé et 10, que le niveau est très favorable. Voici que le Togo ne dépasse pas 2,9 et se retrouve bon dernier dans le classement de 156 pays 2. Le Togo est précédé par le Bénin qui est classé 155, après la Centrafrique avec rang 154. Ou tout est faux, ou alors tout est juste. La Gouvernance au Togo et au Bénin a ceci de particulier que les dirigeants n’ont que faire des intérêts des populations. Les experts de ce rapport ne se sont pas fait rouler dans la farine de manioc comme les chancelleries occidentales qui continuent à croire que ces pays sont des démocraties de seconde zone dès lors que leur intérêts publics et géostratégiques, mais aussi leurs grandes, moyennes ou petites entreprises privées continuent à prospérer aux dépens des populations lesquelles voient leur pouvoir d’achat faire la course vers zéro, c’est-à-dire l’esclavage des temps modernes. On appelle cela la compétitivité.

Pourtant il faut de la compétitivité pour que l’innovation reprenne le dessus dans la culture des dirigeants africains. Sinon, comment expliquer les places de numéro 1 pour  le Danemark,  numéro 2 pour la Norvège et numéro 3 pour  la Suisse. La France est à la  25e place derrière le Brésil qui occupe la 24e place et les Etats-Unis la 17e place 3.

4.       La démocratie de la honte

Aussi, le Togo et le Bénin se retrouvent sans guerres civiles n’être que les pays de l’hypocrisie des gouvernants avec comme conséquence une gouvernance qui a conduit à devenir un pays où les populations sont intraverties, furieuses et où le bonheur et les chances d’y accéder ne sont réservés qu’à ceux qui veulent bien jouer la partition du gouvernement et danser en rythme saccadé leur musique infernale conduisant à l’humiliation, la déresponsabilisation et la haine du pauvre et de celui qui est sans voix et sans défense. Mais, est ce que ces gens qui gouvernent sont des « humains » ? Le rapport 2013 sur le bonheur ne répond pas à cette question. Mais chacun pourra y répondre compte tenu de ses expériences fâcheuses avec la nouvelle démocratie de la honte que ce rapport de l’assemblée générale des Nations Unies tente indirectement de mettre en lumière.

La démocratie de la honte consiste à exposer au public la réalité d’un gouvernement qui fait la guerre à son peuple. Mais cette guerre là, les pays occidentaux ne s’en préoccupent pas puisque les dégâts sont intériorisés et les militaires non-républicains, devenus mafieux économiques, s’organisent pour faire perdurer un système dont ils profitent abondamment et en toute impunité. La démocratie de la honte se transforme alors en une honte de la démocratie.

5.    Recommandations du CVU-TOGO-DIASPORA

Si le rapport conclut que de nombreux autres critères conduisent à rendre les populations heureuses et donc optimistes, il faut malgré tout s’accorder qu’une augmentation immédiate de 30 % des revenus des populations les moins bien favorisées ne peut représenter un frein à l’amélioration du bonheur au Togo.

Mais le départ de Faure Gnassingbé et son équipe clientéliste pourrait par contre multiplier par 99, 99 % le niveau de bonheur immédiat du peuple togolais. Pour le long-terme, il faudra que les dirigeants des partis de l’alternative cessent d’être des opposants systématiques pour offrir des alternatives unitaires et de rassemblement. Mais c’est vrai que si Gilchrist Olympio n’avait pas fait défection, la fraude aurait été minimisée avec un blocage de la Fraude, car l’élection législative de juillet 2013 a été frauduleuse, comme toutes les élections du système de Faure Gnassingbé et sa lignée.

11 septembre 2013

Dr Yves Ekoué AMAÏZO

Coordonnateur Général

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