TROISIÈME FORUM INTERNATIONAL DES JOURNALISTES DE RUSSIE ET D’AFRIQUE
29 avril 2025, de 15h00 à 18h00 (heure de Moscou) sur Zoom,
soit 14h à 17h heure de Vienne, Autriche
Club russo-africain de l’Université d’État de Moscou Lomonossov
en partenariat avec la Faculté de journalisme, la Faculté des processus globaux, la Fondation de la diplomatie publique, avec le soutien du Secrétariat du « Forum du partenariat Russie-Afrique » (Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie).
Forum annuel des journalistes d’Afrique et Russie du Club russo-africain
dédié au 80e anniversaire de la Victoire dans la deuxième Guerre Mondiale
ENTRE CLOISONNEMENT ET DISCERNEMENT : promouvoir l’information alternative en Afrique
Intervention du Dr. Yves Ekoué AMAÏZO
Directeur général, Afrocentricity Think Tank.
29 avril 2025, 15h30, Intervention verbale : 4 mn, mise en ligne 6 mai 2025
Thème général : Journalisme militaire, la coopération internationale entre les médias russes et africains, et l’annonce du lancement du Concours international “Correspondants dans les zones de guerre en Afrique et sur les fronts des guerres mondiales et des conflits armés”!
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Bonjour et merci pour l’invitation et félicitations pour le travail que vous faîtes pour faire avancer la relation Russie-Afrique et sensibiliser les populations des deux pays et le monde sur l’importance de fournir au monde des informations basées sur les faits et alternatives aux médias politiquement corrects.
C’est toujours un honneur de partager avec les éminentes personnalités la position d’Afrocentricity Think Tank sur les questions brulantes de l’actualité.
Je ne suis pas un journaliste mais dirige un Think Tank basé en Autriche qui pense du point de vue de l’Afrique et donc je mettrais plus l’accent sur le cloisonnement, la fracture et le discernement dans l’information et sa diffusion.
Quatre points seront abordés rapidement :
- le cloisonnement de l’information ;
- le rôle de la Russie dans la 2e guerre mondiale et l’information tronquée en Afrique ;
- le rôle du journaliste opérant dans les espaces déstabilisées y compris les zones de guerre ;
- la proposition d’Afrocentricity Think Tank sur la coopération entre les médias russes et africains et le discernement dans l’information et sa diffusion.
1. LE CLOISONNEMENT DE L’INFORMATION
Lorsqu’on traite de l’information, surtout dans les zones de guerre, ou des zones déstabilisées, il faut se poser la question de savoir si l’on est dans un monde global et transparent, ou plutôt dans un monde cloisonné et non-transparent du fait de la non-information, la désinformation, la propagande, la pollution informationnelle, voire l’intoxication informationnelle.
Il faut constater un forme de rupture dans le dialogue historique et politique entre l’Est et l’Ouest, et donc entre le monde occidental et la Russie. Cela a des répercussions avec des cloisonnements de l’information en Afrique et les informations fournies par les différentes sources sur les relations entre la Russie et l’Afrique. Ne pas prendre en considération ce monde cloisonné et y faire participer les Africains conduit à des erreurs d’analyse et à des désinformations importantes. C’est souvent cela qui oppose les peuples et empêche la création de la paix.
2. RÔLE DE LA RUSSIE DANS LA 2e GUERRE MONDIALE ET INFORMATION TRONQUÉE EN AFRIQUE
On peut se poser la question de savoir pourquoi la Russie a été exclue par les occidentaux de 80e anniversaire de la Victoire dans la deuxième Guerre Mondiale ? Il ne s’agit pas de nier ou oublier le rôle majeur joué par l’Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale où l’union soviétique (URSS) a supporté le sacrifice le plus lourd pour vaincre le nazisme, un fait indiscutable dans la mémoire collective européenne. Pourtant, il y a eu une exclusion dans les cérémonies de commémoration en Europe, notamment en France. Il s’agit donc bien d’une démarche politique suite aux différentes d’opinion sur l’opération spéciale en Ukraine. Cela se reflète dans la façon cloisonnée de diffuser l’information et de faire qu’en Afrique, très peu d’information circule sur le rôle héroïque des soldats russes pendant cette 2e guerre mondiale. L’information sur le rôle de la Russie vers les Africains est souvent une information tronquée, donc niée. Il y a une volonté des nations occidentales d’isoler politiquement la Russie et créer une nouvelle image en faisant une rupture nette entre l’héritage historique glorieux de la Russie et la réalité contemporaine que l’Occident veut présenter selon ses propres objectifs. Comment faire face à cela passe par la coopération entre les médias russes et les médias africains.
3. ESPACES DÉSTABILISÉES Y COMPRIS LES ZONES DE GUERRE : RÔLE DU JOURNALISTE ET SÉCURISATION DU JOURNALISTE
Avec un monde cloisonné, la question n’est pas de savoir s’il faut ou pas des journalistes dans les zones déstabilisées ou des zones de guerre. Il faut des journalistes pour que la vraie information non tronquée et non politisée, soit diffusée. La guerre de la communication devient un point important, mais il ne faudra pas que cela se réduit à de la propagande.
Il faut éviter la désinformation ou la pensée unique avec des fausses information, les « fake news ». La véritable question est de savoir ce qui se passe quand les journalistes sont absents des zones de guerre ou sont délibérément tués comme à Gaza, Soudan ou au Yémen en ce moment ? Il ne faut pas négliger le rôle des nouvelles technologies et des réseaux sociaux dans la diffusion de l’information en l’absence d’un contrôle journalistique rigoureux. Ces canaux de transmission peuvent amplifier les informations cloisonnées et opposer les peuples.
Rappelons que les journalistes dans les zones déstabilisées et de guerre sont des acteurs qui garantissent une information vérifiée et nuancée. Ils permettent de recouper les faits, fournir des témoignages directs et offrir une lecture critique des stratégies de communication – qu’elles soient d’État ou issues de groupes armés. Leur présence contribue ainsi à démêler la réalité des discours officiels ou des propagandes qui tendent à déformer le vécu des populations sur le terrain.
Si ces les journalistes, agissant comme de véritables experts indépendants, venaient à être absents, ce sera l’apparition d’un vide médiatique où les informations circulent sans contrôle, se distillant d’autant plus facilement en désinformation ambiante. Le public ne pourra plus faire la différence entre la réalité, la fiction et la propagande avec la fabrication et la propagation de récits biaisés ou mensongers, pouvant d’ailleurs accentuer la guerre elle-même et les luttes entre les factions ou protagonistes en présence.
En l’absence de journalistes et de sources officielles, ce sont des intérêts particuliers et privés qui informent, souvent avec des images partielles et manipulées des événements. Cela accentue le cloisonnement et la fracture entre une information fondée sur des faits vérifiés et des récits servant des agendas précis. La capacité de discerner ce qui est réel de ce qui ne l’est pas s’en trouve alors sérieusement compromise. La sécurisation du journaliste va incomber aux structures qui les envoient couvrir les zones de guerre, y compris les risques encourus et les prises en charge en cas de blessés ou de morts.
4. PROPOSITION D’AFROCENTRICITY THINK TANK SUR LA COOPÉRATION ENTRE LES MÉDIAS RUSSES ET AFRICAINS
Cette coopération est indispensable dans un monde cloisonné. Mais Pourquoi la coopération entre les médias russes et les médias africains posent problème ? Il faudra tôt ou tard évoluer vers une chaine multimédias (Télévision, radios, médias-sociaux) commune Russie-Afrique avec une harmonisation des objectifs poursuivis.
En effet, il y a des divergences d’intérêts et des enjeux d’influence qu’il faudra clarifier, sinon le rapport de force inégal ne pourra pas aider à la transparence dans les informations, surtout si les circuits et les canaux de diffusion manquent en Afrique.
Il faudra faire la différence entre les orientations des États en Russie comme en Afrique et la stratégie d’influence informationnelle notamment l’agenda géopolitique des dirigeants de Russie comme ceux d’Afrique. Ce n’est qu’à cette condition que le journaliste et les médias pourront conserver une part d’indépendance d’esprit et d’exposition des faits. Il faudra un réseau de correspondants (ce qui va au-delà des journalistes) ainsi que mécanismes de validation de l’information harmonisés et coordonnés entre les deux parties pour éviter de nouveaux cloisonnements, des confusions dans le traitement de l’information.
L’idée d’une chaîne multimédia commune Russie-Afrique avec une harmonisation des objectifs soulève le problème de l’indépendance éditoriale et le pluralisme médiatique. Il faudra adopter une approche décentralisée et s’assurer qu’il y a une harmonisation au niveau des valeurs et des processus de décision interne démocratique sur les valeurs, les méthodes journalistiques et le choix des informations à diffuser.
Il ne s’agit pas d’aller vers une forme d’homogénéisation de l’information mais d’avancer vers la recherche d’une crédibilité de plus en plus grande à la lumière de la recherche sincère de la vérité.
Afrocentricity Think Tank suggère d’aller vers des approches stratégiques de long terme de coopération mutuelle à partir de partenariats multipolaires qui permettent des échanges tout en garantissant des espaces d’expression diversifiés et autonomes. Entre cloisonnement et discernement, il demeure important de promouvoir l’information alternative en Afrique.
La chaîne de télévision avec un réseau multimédia de correspondants pourra permettre une plus grande crédibilité, de visibilité et de rayonnement mutuel.
Bref, il faut éviter la désinformation et la propagande, et privilégier la vérité, les faits et les analyses contradictoires. En cas de litige, il faudra créer au sein du groupes de journalistes, respectant la parité entre les femmes et les hommes, une sorte d’organe des règlements des conflits médiatiques et de publication en privilégiant la vérité des faits et l’indépendance des médias de part et d’autre. YEA.
6 mai 2025.
Dr. Yves Ekoué AMAÏZO.
Directeur général, Afrocentricity Think Tank.
© Afrocentricity Think Tank





