Questions sur l’actualité du 19 Mars 2012
Mme Gugu Mtshali est la partenaire du Vice-Président de l’Afrique du Sud, Kgalema Motlanthe. Ce dernier, semble confirmer le dicton « l’amour rend aveugle ». Amoureux fou d’une femme réputée belle, il a déclaré «qu’il ne savait pas que Gugu Mtshali a eu un lien avec la société ».
Mais de quelle société s’agit-il ? Il faut lire le quotidien « Sunday Times » d’Afrique du sud du 13 mars 2012 pour comprendre qu’un scandale de corruption présumée est en train peut-être de priver l’African National Congress (ANC), le parti politique de Nelson Mandela, d’un potentiel futur président de la République. En effet, Mr Motlanthe était pressenti comme le successeur désigné de l’ANC pour succéder à l’actuel Président Jacob Zuma.

Gugu Mtshali affirme qu’elle n’a « jamais assisté à une réunion formelle » avec la compagnie 360 Aviation. Mais le journal Sunday Times lui a fait parvenir des « enregistrements de ladite réunion où sa voix est parfaitement reconnaissable ». Mr Motlanthe, le Vice-Président, par la voix de son porte-parole, a annoncé qu’il n’a jamais rencontré les responsables de 360 Aviation. Le Patron de 360 Aviation Marcel Oberholzer affirme avoir rencontré en juin 2011 le Vice-Président sud-africain mais qu’il n’avait jamais évoqué cette affaire.
Alors, un coup tordu contre le Vice-Président Motlanthe ? Une imprudence de sa compagne, dont il est amoureux fou ? Un coup tordu des services secrets américains ? En effet, le journal local affirme avoir trois sources différentes. Dès avril 2011, les services du Vice-Président sud-africain auraient reçu une « lettre d’appui » du ministère du commerce sud-africain. Ce qui ne démontre en rien que le Vice-Président soit concerné. Le journal affirme qu’un voyage en Iran avec Mme Mtshali était programmé mais faute de trouver un accord avec la société 360 Aviation, il n’a jamais eu lieu. En réalité, aucune commission n’a été versée. Il existe en Afrique du sud une sorte de médiateur de la République au service des populations que l’on appelle « le Protecteur du citoyen ». Le Vice-Président a fait appel à ce dernier pour enquêter sur « tout acte répréhensible qui pourrait impliquer lui et sa compagne »… Au lieu d’attendre la fin de l’investigation et de l’’enquête, le VP Motlanthe a demandé aux services du « Protecteur des citoyens » de les disculper aux motifs qu’il n’y a rien de condamnable ou de répréhensif dans les allégations formulées par la Quotidien sud-africain. Ces échanges publics sont à l’honneur de la transparence en Afrique du sud.
Mais, l’enquête suit son cours et il faudra malgré tout que des preuves tangibles apparaissent pour véritablement disculper le doute. Si cette affaire n’est pas clarifiée dans les semaines à venir, que les deux présumés accusés médiatiques se confondent en des déclarations dénuées de preuves, il est possible que le Vice-Président ne puisse prétendre être le futur Président de l’Afrique du sud sur la base d’une réputation écorchée. Mais à qui cela profite ? Peut-être que cela permet le statu quo et empêchera le départ du Président actuel Jacob Zuma ?
Pourtant c’est le même Vice-Président sud-africain Kgalema Motlanthe qui déclarait en 2009 que les 4e élections démocratiques de l’Afrique du sud ont débouché sur une transition en douceur avec le Président Jacob Zuma. Il a assuré sa détermination à lutter contre la criminalité sous toutes ses formes et a promis de trainer les contrevenants devant la justice. Il n’a peut-être pas pensé qu’il pourrait être concerné un jour. Alors, Gugu, une femme fatale ? YEA.
Ecouter la « Question sur l’actualité du Jour » sur Africa N°1 dans l’émission « La Grande Matinale » d’Eugénie DIECKY du lundi au vendredi à 6h33, 7h33 et 8h33.
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